Le programme Biomass for the future (BFF), qui s’est déroulé de 2012 à 2020, permettra d’accélérer la création de nouvelles variétés de miscanthus et de sorgho, pour de nouveaux usages en matériaux et en méthanisation.
L’aboutissement du programme de recherche Biomass for the future prépare la voie à de futures variétés pour de nouvelles utilisations dans la construction et en méthanisation, a indiqué Herman Hofte, coordinateur du programme et directeur de recherche à l’Inrae, lors d’une conférence de presse le 12 novembre.
Les bénéfices de ce programme de 27 M€ de budget (dont 10 M€ d’aides publiques) consisteront d’abord, pour le miscanthus, à élargir la base génétique de la plante, « en vue de nouvelles variétés adaptées à des nouveaux débouchés non alimentaires et d’une plus grande diversité de conditions pédoclimatiques", a signalé Alain Jeanroy, président de l’association France miscanthus.
Une piste est en bonne voie : certains génotypes du miscanthus sont adaptés à la fabrication de béton contenant 5 à 12 % de miscanthus pour des parpaings non porteurs pour cloisons, a ajouté Patrick Navard, enseignant-chercheur au centre de mise en forme des matériaux à Mines ParisTech. Les tests ont été menés dans des machines industrielles.
Fibre de verre et éthanol
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Une autre piste est l’incorporation de tiges de miscanthus broyées, à hauteur de 30 % dans de la fibre de verre. « Ces matériaux répondent au cahier des charges de l’industrie automobile. Ils sont prêts à être commercialisés dans des pièces composites polypropylène-miscanthus validées par Peugeot Citroën ».
Par ailleurs, le ministère de la Transition écologique travaille à un label environnemental pour l’incorporation de matériaux biosourcés, dans un objectif de stockage du carbone. Ce dossier concerne le chanvre et aussi le miscanthus, s’est félicité Alain Jeanroy. Enfin, le miscanthus est en train de prouver sa capacité à devenir un substrat pour l’éthanol. Il a été retenu comme source de biomasse ligno-cellulosique pour la production d’éthanol de seconde génération en Croatie, sous licence du programme français Futurol, a révélé Herman Hofte.
Concernant le sorgho, les travaux du BFF ont conduit à identifier des gènes et à développer de nouveaux parents pour la création d’hybrides tolérants au froid. Ainsi, le sorgho pourra remonter au nord : région Centre, Val de Loire, Bourgogne. Le BFF a évalué le potentiel méthanogène de la plante en fonction de ses génotypes. Une chance : ce potentiel est corrélé à la digestibilité du sorgho par les ruminants. Le programme a mis au point une calibration infra-rouge pour la prédiction de ce potentiel méthanogène et a mis en évidence la codigestion du sorgho avec du fumier de bovins. Un atout du sorgho est qu’il peut être cultivé en dérobé, entre l’automne et le printemps, pour être récolté comme Culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive).
Le pouvoir méthanogène du sorgho évalué en fonction de ses génotypes