La progression des surfaces de miscanthus, qui est de 10 % chaque année depuis cinq ans, s’accélère, pour atteindre 12 à 13 %, a indiqué le président de l’association France miscanthus, Alain Jeanroy, au Salon. Cette progression s’explique par le fait que le miscanthus n’a pas de problème de débouché et que ses utilisations montent en gamme.
Les surfaces de miscanthus, actuellement de 5 500 hectares en France, progressent de 12 à 13 %, au lieu de 10 % depuis cinq ans, parce que le marché est demandeur. « On est plutôt en manque de marchandise », selon Alain Jeanroy, président de France Miscanthus (industriels de la déshydratation, énergéticiens, agriculteurs). Les utilisations de cette plante qui produit 12 à 14 tonnes de matière sèche à l’hectare valorisent de mieux en mieux le produit : tandis qu’il y a cinq ans 80 % du miscanthus étaient destinés aux chaudières polycombustibles, maintenant cette destination ne représente plus que 65 %. Les 35 % restants sont utilisés comme litières pour animaux et comme paillage horticole pour les jardineries et les parcs des collectivités urbaines. « Au début, l’utilisation en litières était limitée aux chevaux. » L’avantage avec le miscanthus est en effet que les litières des box hippiques peuvent être changées toutes les trois semaines au lieu d’une fois par semaine. La paille de miscanthus intéresse les éleveurs avicoles, et ainsi des essais sont en cours avec l’Itavi, l’institut technique de l’aviculture. Depuis peu elle intéresse les éleveurs de bovins. France Miscanthus compte mener des essais de paille de miscanthus comme aliment des vaches laitières. Dans le long terme, le miscanthus pourra alimenter les bioraffineries d’éthanol.
Une plante cultivée sans engrais, ni phytos
Si l’investissement de plantation des rhizomes est onéreux (3 000 € l’hectare), le miscanthus est une graminée pérenne, qui produit pendant 25 ans. Cela sans produits phytopharmaceutiques ni fertilisants. Plante très couvrante, il n’a pas besoin d’herbicide une fois qu’il s’est développé. La plante est coupée tous les ans en avril, avec une ensileuse à maïs, à une saison où ce type de matériel est disponible. Depuis 2018 le miscanthus peut être planté sur les SIE (surfaces d’intérêt écologique), qui donnent droit au paiement vert, en complément des droits à paiement de base.
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L’économie du miscanthus pourrait être plus animée encore si les professionnels étaient éclairés sur la commercialisation du produit, estime l’assocation. Cette lacune devrait être comblée, selon Alain Jeanroy, par une étude de FranceAgriMer décrivant la formation des prix et leur niveau, les circuits de distribution. Ce document est intitulé « Étude de marché sur les flux et acteurs du miscanthus ».
France Miscanthus espère aussi beaucoup du programme « Biomass for future », étude consacrée à la production et l’utilisation industrielle de la biomasse de miscanthus et de sorgho. Ce programme est un des huit projets lauréats du second appel à projets « biotechnologies et bioressources » du programme d’investissements d’avenir. Ce projet « contribuera à la valorisation des terres agricoles "marginales" et au développement d’une nouvelle économie verte locale en impliquant l’ensemble des parties prenantes sur un territoire dédié », affirme l’Inra. Démarré en 2010, il s’achèvera en 2020.
« Valorisation des terres agricoles marginales et développement d’une nouvelle économie verte locale »