L’interprofession du miscanthus (IFM), reconnue comme tel début mars par arrêté, s’est présentée en conférence de presse le 10 juin. Trois collègues la composent : les producteurs de plants (présidé par Manoël Couprie, d.g. de Novabiom), les producteurs de miscanthus (Cyril Cogniard, agriculteur en Ardennes, FNSEA, aussi président de l’IFM) et les transformateurs (Samuel Maignan, d.g. de DéshyOuest). Prochaine étape : créer un accord professionnel à étendre, avec à la clé des cotisations obligatoires. L’objectif est « un budget de 100 000 € », chiffre Alain Jeanroy, président de l’association France Miscanthus. « Cela prendra du temps – rendez-vous début 2027 – mais le ministère de l’Écologie est très intéressé par cette filière. » Celle-ci progresse : 11 500 ha (en croissance moyenne de 12 % par an depuis cinq ans), 2 650 exploitations, et une production de 130 000 t de matière sèche, soit « le double par rapport à 2018 », selon l’IFM. La litière animale représente 52 % des débouchés (contre 30 % dix ans plus tôt), le paillage horticole 25 % (10 % en 2014), la combustion 20 % (60 % en 2014) et l’alimentation animale (bovins et pet-food) 3 %. La valorisation de la tonne de matière sèche se situe « entre 150 et 250 € », précise M. Jeanroy, par ordre croissant : « Combustion, litière puis paillage horticole ».
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À l’occasion de cette conférence, Philippe Logeay, maire d’une petite commune de l’Oise, a fait l’éloge des ORE (obligations réelles environnementales). Pour protéger les zones de captage en plantant du miscanthus et pour alimenter le chauffage d’une piscine et d’un gymnase en biomasse, des ORE de 18 ans ont été mises en place entre sa communauté de communes (les Sablons), locataire, et les agriculteurs. « On a planté une vingtaine d’hectares », explique l’élu, avec une première cible à « 40 ha » et « six agriculteurs ». L’ORE était selon lui la meilleure solution : « Nous étions coincés par les appels d’offres qui se renouvellent tous les quatre à cinq ans, or on ne plante pas du miscanthus pour cette durée, on ne peut pas demander ça aux agriculteurs. »