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Délégation aux IAA Mission interministérielle sur la compétitivité de l’agroalimentaire français

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Philippe Rouault, délégué interministériel aux industries alimentaires et à l’agro-industrie, vient d’être chargé par ses deux ministres de tutelle, d’une mission sur la compétitivité des IAA françaises par rapport à ses concurrents européens. Un rapport, attendu le 1er septembre, formulera des recommandations pour améliorer les performances françaises.

Les pouvoirs publics se mobilisent sur un point crucial pour l’économie française, la perte de compétitivité qui affecte son premier secteur industriel, l’agroalimentaire, depuis maintenant trois ans. Christine Lagarde et Bruno Le Maire viennent de lancer une mission confiée à Philippe Rouault, délégué interministériel aux IAA, qui doit aboutir à des recommandations précises d’ici septembre prochain.
Les signaux d’alerte n’ont pas manqué au fil de la parution des résultats du commerce extérieur ; la France, qui était le premier exportateur mondial de produits agricoles transformés, n’est plus que quatrième dans le palmarès mondial en se faisant doubler par l’Allemagne l’an dernier. Dans le même temps, « ses importations progressent plus vite que nos exportations », souligne le communiqué des deux ministres. Le constat de départ, sur lequel la mission Rouault doit se pencher le plus sérieusement, c’est l’origine de cette perte de compétitivité, repérable en particulier dans les filières animales.

La menace vient de nos plus proches voisins
« On a pu croire un temps, nous a déclaré le délégué aux IAA, que la principale menace pour la compétitivité de l’agroalimentaire français serait due aux importations en provenance de nouveaux pays producteurs émergents comme l’Amérique latine ou l’Asie ; la réalité est tout autre, nos récentes pertes de parts de marché sont plutôt dues à la performance de nos plus proches voisins, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne, … ». L’objet de la mission – qui mobilise d’ores et déjà le délégué et son adjoint Albert Hayem ainsi que deux membres du Conseil général de l’Agriculture, Jean-Baptiste Danel et Georges-Pierre Malpel et deux du Conseil général Economie et Finances, Jean-Paul Depecker et Claude Warnet – est tout d’abord d’analyser en détail ces éléments de diagnostic et de les chiffrer. La mission doit identifier et « analyser les facteurs de compétitivité des IAA en comparant la France aux autres Etats membres de l’UE, dans un premier temps pour ce qui est des filières animales et laitières ». Ce travail sera effectué en détail sur le lait, les fromages, les volailles, le porc et la viande bovine, mais sans exclure, selon Philippe Rouault, quelques autres secteurs (céréales, chocolaterie, …). Après les repérages statistiques en cours, la mission va procéder à des auditions d’organisations professionnelles et d’opérateurs industriels puis à des vérifications de terrain dans certains pays. Tous les déterminants de la compétitivité seront examinés, coûts de main d’œuvre, transports, logistique, taille des entreprises, capacités de financement, impact des dispositions réglementaires, …
Pour ce faire, la mission bénéficiera du concours des services du ministère de l’Alimentation, de France AgriMer, de la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services au ministère de l’Economie, du réseau des attachés agricoles et conseillers économiques des ambassades et d’Ubifrance.
Dans son rapport, que les ministres lui demandent pour le 1er septembre, Philippe Rouault « formulera des recommandations pour améliorer les performances françaises », précise-t-on.

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