La dernière session plénière du Parlement européen pour l’actuelle législature a été marquée le 5 mai à Strasbourg par un débat houleux sur l’avenir du vin rosé. Une vingtaine de députés ont fustigé le projet de la Commission européenne de mettre un terme à l’interdiction du coupage de vins blancs et de vins rouges pour la fabrication de rosé.
Les députés, essentiellement français et italiens, n’ont pas ménagé leurs critiques à l’encontre de Mariann Fischer Boel. Mais la commissaire à l’agriculture n’a pas remis en cause son projet dont le vote par le comité de réglementation est prévu le 19 juin.
La crainte de la plupart des parlementaires ayant participé au débat est que ce projet risque d’entraîner une confusion entre vins rosés traditionnels et vins mélangés et de conduire à une concurrence déloyale, susceptible de condamner la production traditionnelle de vins rosés. « Ayez le courage de ne pas appeler “rosé” du vin coupé », s’est exclamé Françoise Grossetête (Fr, PPE-DE) pour qui l’autorisation du coupage permettra d’écouler en France des vins espagnols invendus pour en faire des rosés. Pour Gilles Savary ( Fr, socialiste), « autoriser le coupage équivaut à faire de la contrefaçon alimentaire ». Pour Anne Laperrouze (Fr, libéral), « il faut revoir la copie et travailler à l’appellation vin rosé fabriqué avec des méthodes traditionnelles ».
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« J’étais venu pour exprimer la douleur et l’inquiétude des producteurs italiens et je me trouve face à un mur d’indifférence sans possibilité d’ouverture, a regretté, Elisabetta Gardini (Ital,PPE-DE). « Pensez-vous que c’est un service à rendre aux jeunes générations en les incitant à boire du vin à bas prix de moindre qualité ? » s’est-elle interrogée à l’adresse de Mme Fischer Boel. Mais pour la commissaire à l’agriculture « ce projet reflète le compromis sur la réforme du vin ». « Le coupage des vins de table permettra une concurrence entre les pays de l’UE et les pays tiers », a-t-elle indiqué. « Je comprends la tentative des producteurs de sauvegarder les vins traditionnels, c’est pourquoi nous proposons deux types d’étiquetage : vin rosé traditionnel et vin rosé de table », a-t-elle encore rappelé.