Abonné

Crise laitière Mme Fischer Boel ne veut pas changer la politique laitière

- - 4 min

Le Conseil européen des 18 et 19 juin à Bruxelles puis le Conseil agricole le 22 mai à Luxembourg devaient évoquer tour à tour la crise laitière et ses répercussions dramatiques sur le revenu des exploitants. Plusieurs milliers de producteurs avaient l’intention de manifester leur colère dans ces deux capitales aux abords des bâtiments européens contre la politique européenne menée dans ce secteur. Emmenés l’EMB (European Milk Board), auquel adhère la Coordination rurale, quelques centaines de producteurs se rendaient à Bruxelles dès le 18 juin. Lors d’un récent débat au sein du collège européen, Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, a réitéré sa détermination à soutenir le marché mais s’est montré résolument contre des changements fondamentaux de la politique laitière en place sous prétexte de répondre à des difficultés à court terme. La commissaire a souligné que le dysfonctionnement du marché était dû en partie aux pratiques de la grande distribution, qui joue les prix à la baisse. Le manque d’équilibre dans les négociations entre les laiteries et la grande distribution est très préjudiciable aux producteurs, a-t-elle fait valoir. Un rapport sur cette délicate question est en cours de préparation au sein des services de Joaquin Almunia, commissaire européen chargé des affaires économiques et financières.

C’est à la demande d’Angela Merkel, la chancelière allemande, que le dossier laitier devait être abordé le 18 juin dans la soirée par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. L’Allemagne, soutenue par la Finlande, l’Autriche et la Slovénie, avait marqué son opposition à la suppression des quotas lors des négociations sur le bilan de santé de la Pac. L’Allemagne souhaiterait que le taux d’augmentation des quotas laitiers puisse être formellement lié à l’évolution des marchés. Dans une note transmise récemment à la Commission, Mme Fischer Boel se dit totalement opposée à toute suspension des augmentations de quotas décidées dans le cadre du bilan de santé de la Pac et, plus encore, à la réduction de leur niveau de 5 %, comme l’ont suggéré certains Etats membres. De telles mesures, explique-t-elle, auraient pour effet de remettre en cause l’ensemble de la problèmatique des quotas qui doivent disparaître le 1er avril 2015. « Il est absolument essentiel de ne pas remettre en cause cette politique, cela ne ferait que créer l’incertitude et que retarder le processus de restructuration, ce qui ne rendrait pas service aux exploitants qui ont besoin d’informations claires pour l’avenir », affirme la commissaire. Celle-ci se déclare, en revanche, ouverte à toute suggestion susceptible d’améliorer la situation respectant la logique des réformes en cours.

Le point sur les mesures de soutien
C’est au cours d’un déjeuner le 22 juin à Luxembourg que les ministres procéderont à un échanges de vues sur la situation du secteur laitier sur la base d’un document préparé par la Commission européenne qui fera notamment le point sur les actions déjà entreprises pour soutenir le marché. Le coût des mesures en place depuis le début de l’année s’élève à présent à 650 millions d’euros. Le détail de ces mesures est le suivant :
– exportation : du 23 janvier (date à laquelle ont été réintroduites les restitutions à l’exportation) jusqu’au 2 juin 2009, la Commission a délivré des certificats à l’exportation pour 92 000 tonnes de beurre, 121 000 tonnes de lait écrémé en poudre, 120 000 tonnes de fromages et 449 000 tonnes d’autres produits laitiers (y compris le lait en poudre entier) ;
– intervention : les achats publics ont permis depuis le 1er mars le stockage de 79 600 tonnes de beurre et de 184 000 tonnes de lait écrémé en poudre. Pour le beurre, au-delà du plafond de l’intervention de 30 000 tonnes, les achats ont eu lieu par adjudication à 99,2 % du prix de référence (2 218 euros/t) et pour le lait écrémé en poudre, au-delà du plafond de 109 000 tonnes, les offres ont été acceptées à 98,9 % du prix de référence (1 698 euros/t) ;
– aides au stockage privé pour le beurre : ce régime a été mis en place en janvier avec autorisation de stockage pour le beurre fabriqué en décembre 2008. Au 31 mai, 89 000 tonnes avaient été mises sous contrat de stockage soit 9 000 tonnes de moins que l’an dernier à la même époque.
Pour Mme Fischer Boel, si les mesures prises jusqu’ici au niveau européen n’ont pas permis de prévenir la baisse des prix à la production, elles ont néanmoins permis d’éviter une baisse des prix encore plus forte.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Coordination rurale
Suivi
Suivre