Abonné

Vin Mme Fischer Boel se prépare à des « négociations très difficiles »

- - 4 min

Les négociations sur la réforme de l’OCM vin seront « très difficiles » voire « plus dures » que lors de la refonte du régime sucre, étant donné la « grande sensibilité culturelle » du sujet chez les États membres, a estimé Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, en marge d’un Conseil informel des ministres de l’agriculture, à Krems (Autriche), le 29 mai. Plusieurs ministres ont profité de cette occasion pour se livrer à de premières offensives contre les propositions de la commissaire.

Malgré la fronde menée par les ministres de l’agriculture allemand, espagnol et portugais, le 29 mai, lors d’un Conseil informel à Krems (Autriche) contre son projet de réforme de l’OCM vin, la commissaire à l’agriculture Mariann Fischer Boel réserve ses commentaires pour défendre et expliquer l’ampleur de la restructuration qu’elle veut imposer au secteur viti-vinicole européen à la date de la présentation officielle de sa communication, prévue le 22 juin. Elle s’en est tenue à confirmer sa préférence pour une « réforme profonde » du secteur vitivinicole européen. « Il faut restaurer notre compétitivité », a-t-elle plaidé, écartant deux des quatre options présentées dans son projet de communication Voir n°3056 du 15/05/06. La commissaire estime que « ce n’est pas quelque chose d’équilibré » quand l’Europe « dépense 0,5 milliard d’euros pour la distillation et seulement 1,4 million pour la promotion ».

Réforme dès la campagne 2008

La commissaire à l’agriculture a précisé le calendrier d’une réforme qui, selon elle, doit faire sentir ses premiers effets dès 2008. Mme Fischer Boel espère décrocher un accord politique sous présidence allemande « avant l’été 2007 ». Pour y parvenir, elle présentera une proposition législative en décembre 2006 ou janvier 2007 après des discussions, sur la base de la communication qui doit être adoptée le 22 juin puis discutée sous la présidence finlandaise. Hormis le ministre français Dominique Bussereau, qui s’est montré très prudent, plusieurs autres délégations ont jugé que le projet de la commissaire n’est « pas bon ». C’est le cas de l’Allemagne qui refuse l’évolution des pratiques œnologiques préconisée par Mme Fischer Boel. « Le projet de la Commission n’est pas bon », a déclaré le ministre Horst Seehofer. Aux yeux du ministre allemand, le vin ne doit contenir « ni bois, ni sucre ». Le problème de la surproduction se réglera plutôt, selon lui, en améliorant la qualité.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

organisation commune de marché
Suivi
Suivre

Moins d’arrachage plus de qualité

De même, l’Espagne réclame d’autres propositions moins axées sur l’arrachage et plus sur la qualité. Elle a dénoncé la politique d’arrachage prévue par la communication comme étant une « politique de démolition ». Sur la même ligne se trouve encore le Portugal. Le ministre Jaime Silva réclame des « aides à la reconversion pour produire du vin de meilleure qualité » plutôt que de l’arrachage. Au final, les réactions les moins négatives sont venues du Français Dominique Bussereau qui a préféré insister sur le « retard » pris par la Commission européenne pour répondre à sa demande de distillation de crise pour 4 millions d’hl de vin Voir même numéro. Sur le projet, il a simplement évoqué des « idées nouvelles » dont certaines sont « intéressantes».

« La distillation coûte beaucoup trop cher »

De même, Josef Pröll, le ministre autrichien, s’est prononcé en faveur d’une réforme qui permette d’assainir le marché. Sa position est proche de celle du Néerlandais Cees Veerman pour qui « la distillation coûte beaucoup trop cher. Il vaut mieux dépenser de l’argent pour la promotion des bons vins ». M. Veerman pense que la crise traversée actuellement par le secteur vinicole en France peut être salvatrice, citant les exemples passés de l’Autriche et de l’Allemagne. De son côté, le ministre luxembourgeois Fernand Boden juge possible de parvenir à une solution sous présidence allemande. Il met en garde la Commission européenne sur l’idée de donner une enveloppe financière aux États membres pour gérer le marché du vin. « Il faut éviter que les pays qui ont fait le plus de distillation soient favorisés et que les pays qui ne font pas de surproduction soient pénalisés », insiste M. Boden.