La FNSEA avait appelé à une journée de manifestations dans le calme, le 22 octobre, afin de protester contre la mise en place au 1er janvier 2014 de l’écotaxe sur les transports. Un appel suivi par de nombreuses actions à travers le territoire. A Eslettes, en Seine-Maritime, des agriculteurs ont bâché dès l’aube des bornes électroniques destinées à l’enregistrement des passages des poids lourds, ainsi qu’à La Haye, au nord-est de Rouen. Il n’y a eu aucun incident, ni perturbation de la circulation.
« Nous on est gentils, on demande l’ajournement de l’écotaxe alors qu’en Bretagne, ils demandent sa suppression », a déclaré à Eslettes le président de la FDSEA Seine-Maritime, Arnold Puech d’Alissac. En région parisienne, une cinquantaine d’agriculteurs et maraîchers ont organisé une opération escargot de 07H00 à 09H00 et distribué des salades aux automobilistes à proximité d’un portique écotaxe, aux alentours de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Entre les champs, dans la grande plaine sableuse de Fontainebleau, et le marché en gros de Rungis, les maraîchers devront passer pas moins de cinq portiques, a assuré à l’AFP Gurvan Le Gall, directeur de la FDSEA de Seine-et-Marne.
« Là, on est vraiment dans le circuit court que le gouvernement veut promouvoir! Ils font 30 km en moyenne. Mais leurs tomates seront davantage taxées que celles qui viennent du Maroc », s’est-il insurgé. Selon lui, dans la région, l’écotaxe représentera un surcoût « de 30 à 50 000 euros par an pour les producteurs, car ils font énormément de trajets : tous les jours voire plusieurs fois par jour, huit mois sur 12 », a-t-il dit, rappelant que « depuis le début, on demande que les petits producteurs soient exemptés : eux, leur camionnette ne sert qu’à livrer leur travail, leur métier n’est pas transporteur ».
Dans l’Est, les agriculteurs ont bloqué provisoirement plusieurs axes routiers à l’aide de tracteurs et de camions. L’A31 a été coupée peu après 10H00 en Moselle où des agriculteurs se sont rendus en tracteur en direction d’un portique, à hauteur de la commune de Fey, selon la gendarmerie.
Dans la Meuse, des agriculteurs ont bâché le portique de Ligny-en-Barrois, provoquant la suspension de la circulation sur la RN4, un axe qui traverse tout le département, selon la FDSEA.
En Bretagne, un portique a été abattu début août et deux autres ont été récemment sabotés.
Dans la Sarthe, des représentants syndicaux et des dirigeants d’entreprises du secteur agroalimentaire ont rencontré le préfet au Mans, et lui ont demandé la suspension de la taxe. « Dans une petite exploitation comme la mienne (atelier porcs et volailles) l’écotaxe, c’est 1 600 euros par an pour l’alimentation seulement. « Répercuter l’écotaxe : mission impossible », a déclaré Isabelle Leballeur, secrétaire générale de la FDSEA de la Sarthe. « La filière agroalimentaire est fragile en ce moment », a commenté Arnaud Degoulet, président d’Agrial (coopérative regroupant 10 000 agriculteurs et 10 000 salariés). « Ce n’est pas avec des cadavres qu’on va payer l’écotaxe », a-t-il dit à un correspondant de l’AFP.
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