L'Allemagne n'a pas fini de faire frémir l'agriculture française. Soit qu'on la considère comme un réel modèle à suivre soit qu'on la craigne comme une menace sur nos exportations et même sur nos parts de marché intérieur. Angela Merkel a maintenant son gouvernement en place, avec une coalition sur la base d'un programme précis. Le nouveau ministre de l'Agriculture a commencé par rendre visite à son homologue français.

En agriculture, on entend ici ou là des commentaires affirmant qu'au fond une bonne démarche consisterait à leur exporter notre Smic et notre agroécologie et à importer leur pragmatisme réglementaire et social pour qu'on se retrouve sur un pied d'égalité. c'est sans doute insuffisant et surtout à courte vue.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

exportations
Suivi
Suivre
gouvernement
Suivi
Suivre

qu'est-ce qui fait l'efficacité de l'Allemagne avant tout ? Sa capacité à se mettre d'accord sur un objectif et à s'y tenir, tous ensemble. La formation de leur gouvernement est un exemple typique. Les Allemands savent qu'ils ne peuvent gouverner qu'avec une large coalition ; ils prennent tout le temps qu'il faut pour se mettre d'accord sur un programme ; ils nomment les ministres ensuite. L'exemple allemand nous révèle à quel point on est, en France, incapables de procéder de cette manière. c'est vrai en politique où les personnalités prennent le pas sur les programmes ; c'est vrai dans la vie économique où les disputes l'emportent trop souvent au sein des filières, entre les distributeurs, industriels et producteurs agricoles. A l'export, sait-on « chasser en meute » comme savent si bien le faire les Allemands ? L'administration française sait-elle, veut-elle appuyer les entreprises plutôt que d'appliquer des réglementations souvent tatillonnes ? Les écologistes veulent-ils encourager les valeurs ajoutées pour financer de la production propre plutôt que de freiner la croissance ? Les écoles françaises devraient mettre en place des cours de consensus et faire venir des formateurs allemands. on aurait beaucoup à apprendre.