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Moins il y a d’agriculteurs, « plus ils sont divers », affirme Bertrand Hervieu

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Les agriculteurs, « moins il y en a, plus ils sont divers », a expliqué Bertrand Hervieu, sociologue, ancien président de l’Inra, lors des Controverses européennes de Bergerac (ex-Controverses de Marciac), le 16 juillet. La matinée était dédiée à un travail rétrospectif sur l’agriculture française au cours des quinze dernières années. Durant cette période, le secteur agricole français aurait subi un « éclatement », autour d’une « tripolarité », selon les termes de Bertrand Hervieu et de son collègue François Purseigle : d’une part une « agriculture sans agriculteurs », « financiarisée », tournée « vers les grands marchés », qui n’est « plus un fantasme, y compris en France ». À l’opposé, des « micro-exploitations », plus proches de la « micro-entreprise que de la ferme », qui attirent « des populations qui ne viennent pas du milieu agricole », souvent en bio ou circuits courts. Et « entre ces deux pôles extrêmement éloignées, la crise de l’exploitation familiale », notamment laitière ou viande bovine. Ainsi, résume Bertrand Hervieu, la situation d’il y a quinze ans était déjà marquée par une « spécialisation des exploitations » et, en conséquence, une moindre « convergence d’intérêts » dans le secteur. Il faut aujourd’hui y ajouter « un éclatement des rapports au travail et au capital ».