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Moisson 2024 : encore moins de blé qu’attendu

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Les dernières prévisions du ministère de l’Agriculture abaissent la récolte de blé tendre à 25,75 Mt. L’exportation reculerait de près d’un tiers, la qualité devrait être moyenne.

Toujours plus bas. Dans sa note de conjoncture parue le 17 septembre, le ministère de l’Agriculture a révisé à la baisse ses prévisions de rendements de blé tendre et à la hausse celles des maïs grain et fourragers. Le rendement attendu du blé tendre est finalement estimé à 61,5 quintaux par hectare (q/ha), contre 62,4 q/ha établis dans sa note du mois d’août, ce qui abaisse la production à 25,75 millions de tonnes.

À l’occasion de sa réunion mensuelle, le lendemain, le conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer, a mis à jour ses prévisions d’exportation de la moisson française 2024. En conséquence, les exportations de blé tendre sont attendues en baisse de 4 Mt (-28 %), à 10,1 Mt. Dans la même tendance, les exportations d’orge reculeraient de 793 000 tonnes à 5 Mt, et celles de blé dur de 70 000 tonnes à 680 000 tonnes.

FranceAgriMer a également livré de premières estimations de qualité des blés à l’entrée de silos, avant travail d’allotement ; il en ressort une qualité plutôt moyenne en blé tendre, et dégradée en blé dur. Dans le détail, la teneur en protéine du blé tendre atteint 11,4 % (dans la moyenne quinquennale), son poids spécifique est « très hétérogène » (35 % sous 74 kg/hl, contre 10 % sur la moyenne quinquennale), mais le temps de chute de Hagberg est « excellent » (99 % au-dessus de 240s). Pour le blé dur, la teneur en protéine atteint seulement 13,8 % (45 % supérieurs à 14 %, contre 68 % sur la moyenne quinquennale), et le poids spécifique est très hétérogène (28 % supérieurs à 78kg/hl, contre 48 % sur la moyenne quinquennale). Le blé dur est notamment marqué cette année par un taux élevé de moucheture (5,2 %).

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Face à la récolte historiquement basse de blé français, les producteurs de l’AGPB (FNSEA) avaient demandé, à l’occasion d’une conférence de presse le 5 septembre, la mise en œuvre « en urgence » de prêts garantis par l’État (PGE). Le syndicat évalue les pertes des céréaliers à plus de 3 milliards d’euros ; il estimait le rendement de l’année à 62 q/ha, le coût de revient 2024 (aides Pac déduites) à 264 €/t, et le prix moyen payé aux producteurs à 175 €/t, soit une perte de 550 €/ha, sur une sole estimée à 6 Mha.

Le maïs mieux qu’attendu

En cultures de printemps, c’est "moins pire" qu’attendu. Le ministère de l’Agriculture a revu à la hausse le rendement du maïs grain, de plus d’un point à 91,7 q/ha (contre 90,3 en août). Il reste très en deçà du niveau haut de 2023 (98,3 q/ha), mais dans la moyenne des cinq dernières campagnes (88,2 q/ha), souligne le ministère de l’Agriculture. De même que le rendement du maïs fourrage grimpe d’un point à 125,5 q/ha (contre 124,2 il y a un mois). Selon France AgriMer, les exportations de maïs grain rebondiraient de 8 % à 4,5 Mt.

La qualité du blé dur sera dégradée cette année