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Moisson : des rendements satisfaisants, mais une qualité dégradée

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Si la moisson présente des rendements supérieurs à la moyenne quinquennale pour les principales céréales à paille, certains critères de qualité s’avèrent dégradés par les pluies estivales, a indiqué le 16 août FranceAgriMer avec les instituts techniques Arvalis et Terres Inovia.

La production de blé tendre est affichée à 36,7 Mt, en hausse de 10 % par rapport à la moyenne quinquennale, selon les prévisions Agreste (service statistique du ministère de l’Agriculture) reprises dans le communiqué. Mais elle tombe à 34,9 Mt, selon l’estimation au 24 août de la société Agritel. En cause, les pluies estivales qui en parallèle amènent des résultats qualitatifs « particulièrement contrastés », soulignent FranceAgriMer et les instituts. Au moment du remplissage, les cultures ont d’abord connu une période de forte chaleur, suivie d’une humidité persistante alors que les blés avaient atteint leur maturité physiologique. « Depuis fin juin, les moissonneuses-batteuses peinent à entrer dans les champs » et plus de 50 % des surfaces restaient à faucher dans le tiers Nord de l’Hexagone, selon le rapport Céré’Obs du 13 août. Cela se traduit par un poids spécifique (PS) « irrégulier et en retrait par rapport au potentiel des variétés », sa dégradation étant plus importante pour les parcelles récoltées après les pluies. L’indice de Hagberg apparaît « globalement satisfaisant », malgré quelques faiblesses. Le taux de protéines semble plutôt bon. Christophe Hillairet, secrétaire général de l’APCA, a souligné le 24 août : « On a une qualité assez inquiétante en termes de valorisation, avec beaucoup de blés qui sont non panifiables et déclassés en qualité fourragère. Environ deux tiers de la récolte risque de ne pas être aux normes. La première conséquence est sur le prix, avec des décotes importantes, poursuit ce céréalier des Yvelines. Par exemple, vendredi (20 août, NDLR), un camion est parti de mon exploitation vendu 235 €/t. Il a subi une décote de 30 €/t, car il ne respectait pas la norme de 76 en poids spécifique. »

En orge d’hiver, la production est estimée à 8,3 Mt, en hausse de 27 % sur un an, mais stable par rapport à la moyenne quinquennale. Le rendement se situe à 69,7 q/ha (+12 % par rapport à 2016-20). D’un point de vue qualitatif, le PS est jugé « assez faible » mais sans conséquence pour l’utilisation fourragère. Les teneurs en protéines, « majoritairement situées entre 10 et 11 % », répondent à la demande brassicole, avec aussi des calibrages satisfaisants « à l’échelle régionale ».

Pénurie de blé dur, selon les pastiers

Côté blé dur, le bilan apparaît mitigé entre « rendements satisfaisants mais qualité hétérogène ». Une production de 1,6 Mt est prévue, soit 22 % de plus que l’an dernier, 6 % de baisse par rapport à la moyenne 2016-2020. Les pastiers et semouliers ont alerté le 16 août sur une pénurie nationale et mondiale, avec des pluies dans l’Hexagone qui « réduisent fortement le potentiel utilisable de blé dur français pour faire des pâtes ». L’indice de Hagberg est « dégradé dans certaines régions », notent FranceAgriMer et les instituts. Les autres critères de qualité montrent une situation contrastée selon les bassins, avec notamment dans le Centre un PS « assez faible ». Les taux de grains mouchetés, mitadinés sont « relativement contenus ».

La production d’orge de printemps est estimée à 3,4 Mt (-13 % par rapport à 2020, +3 % par rapport à 2016-20), avec un rendement de 63,2 q/ha (contre 58 q/ha en moyenne quinquennale) qui compense partiellement le recul des surfaces (-32 % sur un an). Sur le plan qualitatif, les taux de protéines sont en majorité satisfaisants, les calibrages « assez hétérogènes » et régulièrement au-dessus de 80 %.

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La production de colza annoncée stable

Le colza est annoncé à 3,3 Mt de production, stable en comparaison des deux dernières campagnes malgré des surfaces en retrait de 15 % sur la période. « En dépit de difficultés climatiques et d’attaques de ravageurs tout au long de l’année, les dernières semaines, favorables à la nouaison et au remplissage, permettent d’atteindre dans de nombreux cas un rendement dépassant les espérances. » Plus de 35 q/ha sont prévus, d’après le communiqué. « Des grains germés ont été observés dans une partie des récoltes de l’est de la France, de façon significative sur certains territoires. La teneur en huile de la collecte est pour l’instant estimée dans la moyenne des dernières années ou légèrement en retrait. »

Concernant le pois, FranceAgriMer et les instituts tablent sur une récolte (hors mélanges avec des céréales) en hausse par rapport à 2020, dépassant 650 000 t. Son rendement est évalué autour de 33 q/ha. Le PMG (poids de mille grains) apparaît en retrait, la qualité est hétérogène sur le plan visuel, humidité, impuretés.

En féverole, les cultures d’hiver donnent un rendement « très bas », sous les 20 q/ha, d’après le communiqué. La récolte est à peine entamée côté féverole de printemps, dont « le potentiel semble supérieur à celui des dernières années ».

Les pluies estivales ont altéré le PS du blé tendre