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molluScan a développé une solution de surveillance de l'eau en temps réel

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molluScan peut surveiller la qualité de l’eau en temps réel grâce à des micro-électroaimant collé sur chacune des valves des mollusques locaux Crédits : © molluSCAN-eye

molluScan surveille et analyse en temps réel le comportement des mollusques locaux, grâce à de petits électro-aimants collés à l’extérieur des valves des animaux afin de mesurer la qualité de l'eau.

Directeur de recherche émérite au CNRS et biologiste marin, Jean-Charles Massabuau a été amené dans le cadre de ses recherches à travailler sur la respiration des mollusques bivalves (huitres, moules, pétoncles, etc.). « J’ai redéveloppé une technologie née au tout début du 19ème siècle et qu’on a tenté d’utiliser pour la biosurveillance dès les années 1970. Elle permet grâce à des électrodes fixées sur les valves de ces mollusques de vérifier l’état de l’eau avec l’idée que si elle est sale, les mollusques se ferment. Mais si l’animal en arrive là, c’est que la pollution est importante et qu’il est déjà un peu tard. Or il existe des pollutions que j’appelle silencieuses, qui provoquent un tas de changement de comportement chez l’animal, et que nous sommes capables d’enregistrer et de suivre grâce à cette technologie sur laquelle je travaille depuis une vingtaine d’années ». De sa rencontre avec Ludovic Quinault CEO & cofondateur, entrepreneur dans le développement durable et passionné par la mer, est née molluSCAN-eye en mars 2023, pour permettre à tous les responsables, aussi bien du secteur public que privé, qui ont la responsabilité de la qualité de l’eau, d'utiliser cette technologie. 

Une surveillance en temps réel

Sans risque pour l’animal, la technologie développée par molluSCAN-eye appelée la valvométrie haute fréquence non invasive (HFNI) repose sur « la surveillance en temps réel d’une dizaine de paramètres physiologiques, grâce à de petits électro-aimants collés à l’extérieur des valves, qui sont eux-mêmes reliés à de l’électronique et à un système informatique unique afin de récupérer les données pour les analyser », détaille Jean-Charles Massabuau, aujourd'hui CSO de la start-up.

« Le service de biosurveillance que nous commercialisons aujourd’hui utilise les mollusques endémiques aussi bien en eau salée, qu’en eau douce comme mesure de l’impact de la pollution sur l’environnement. L’animal est un premier capteur et nous traduisons son bilan de santé en continu en indicateurs de qualité pour nos clients », explique Ludovic Quinault. Et nous pouvons appliquer ces analyses à leurs objectifs, qu’il s’agisse d’un ostréiculteur ou d’une ferme d’aquaculture, ou plutôt d’industriels ou de stations des rejets de traitement des eaux usées, tous poursuivant la même finalité : que l’eau qu’ils utilisent ou qu’ils rejettent ne soit pas polluée ». 

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Détection des pollutions silencieuses

Et molluScan insiste sur les deux éléments distributifs et à forte valeur ajoutée qu’apporte sa solution par rapport à ce qui existe aujourd’hui sur le marché. Le premier niveau est celui d’un lanceur d’alerte. « En cas de problème relevé sur les animaux, notre système unique en continu nous permet de prévenir immédiatement le client qui peut donc agir très vite. Une réactivité impossible à avoir aujourd’hui avec des prélèvements ponctuels et des analyses en laboratoires qui prennent du temps », rappelle Ludovic Quinault. « Le deuxième avantage repose sur cette analyse longitudinale, c’est-à-dire l’étude sur des jours, des mois, des années, de l’état du milieu aquatique. En pouvant suivre l’évolution de l’eau dans le temps, savoir si les données s’améliorent ou se détériorent, si elles sont différentes suivant les périodes de l’année, un industriel ou un décideur a une meilleure compréhension de ses problématiques et peut améliorer ses réglages sur le long terme, ajoute Jean-Charles Massabuau. En agriculture, nous couvrons le champs des micropolluants, qui sont un gros soucis aujourd’hui. C’est typiquement de la pollution silencieuse sur laquelle nous pouvons apporter une information précieuse ».

Soucieux de conserver leur indépendance, aussi bien sur leurs choix stratégiques que pour éviter des pressions sur la diffusion ou pas des résultats de leurs analyses, les cofondateurs ont choisi de ne pas ouvrir le capital de leur start-up. Ils cofinancent donc son développement en s’appuyant sur la commercialisation de leur technologie sous forme d’un abonnement comprenant un service d’information, d’alerte et de maintenance. « Notre priorité, c’est la protection de l’environnement et plus particulièrement de l’eau, on veut rester neutre et arbitre. Nous proposons un outil à nos clients, et à eux de prendre leurs décisions », concluent-ils.