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Charcuterie/Acquisition Monique Piffaut renonce à Madrange

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Le holding Turenne-Lafayette, détenu par Monique Piffaut, n’acquiert finalement pas Madrange. Aucune raison n’a été donnée aux salariés, mais certains pensent que Monique Piffaut pourrait revenir à la charge d’ici quelques mois, lorsque le prix de vente aura encore baissé. Plusieurs dirigeants quittent l’entreprise, dont le p.-d.g. Bruno Vincent-Genot, tandis que Jean Madrangeas revient aux affaires.

La rumeur est confirmée Cf Agra Alimentation n°2056 du 5 mars 2009, p28 : le holding Turenne-Lafayette ne donnera finalement pas suite à son offre de rachat du jambon Madrange. L’information a été annoncée aux salariés de l’entreprise lors du CCE du 16 mars dernier. « Aucune raison ne nous a été donnée. Monique Piffaut souhaite peut-être agir comme avec Paul Prédault et racheter Madrange plus tard à prix cassé », suggère Edouard Cabirol, représentant de la CGT. Monique Piffaut, propriétaire du holding Turenne-Lafayette, avait acquis Paul Prédault en 2005, un an après sa première offre de rachat. Concernant Madrange, Monique Piffaut était le seul repreneur potentiel depuis plusieurs mois. L’avenir de l’entreprise s’annonce donc très sombre. « Dans tous les cas, il y aura une restructuration. Il reste juste à savoir si nous allons droit dans le mur ou si un maximum de postes seront sauvés », s’inquiète Edouard Cabirol. Madrange, qui emploie actuellement 1 700 personnes, aurait perdu 18 millions d’euros l’année passée. Les salariés sont en colère. A Limoges, lors de la manifestation du 19 mars, 300 employés de Madrange sont allés jeter des œufs devant le domicile d’Andrée Madrangeas, qu’ils ont symboliquement mis en vente.

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Les dirigeants quittent le navire

Bruno Vincent-Genot, p-d.g depuis un an, a annoncé au CCE qu’il quittait son poste le 31 mars, tandis que Jean Madrangeas, fils des fondateurs René et Andrée Madrangeas, revient et est désormais président du conseil de surveillance. Thierry Chetrit, président fondateur d’Intuitucapital, conseil en acquisitions et fusions, y entre à ses côtés. « Nous sommes dans une situation très compliquée : nous allons nous retrouver sans p-d.g à la fin du mois », s’inquiète Edouard Cabirol. De plus, le directeur industriel du groupe, Jean-François Ganidec, ne travaille plus chez Madrange depuis un mois et n’a pas été remplacé. Le directeur financier Patrick Moroux serait également sur le point de partir.