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Semences Monsanto annonce 137 millions d'euros d'investissements en France

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Monsanto réaffirme son ancrage dans l'Hexagone, commencé il y a 40 ans, avec l'annonce de 137 M d'euros d'investissements industriels en semences conventionnelles. Même si le groupe affiche de « grandes ambitions », il confirme ne pas vouloir y commercialiser des OGM.

«C ELA a un sens pour nous d'être en France, a déclaré le DG Didier Charrier en conférence de presse le 17 juin. On souhaite y consolider nos positions. » Pour répondre à une demande croissante, Monsanto est en train de consacrer, sur 2013-14, 137 M d'euros à l'agrandissement de deux usines dans le Sud-Ouest. 75 M d'euros ont été injectés à Trèbes (Aude), où la société produit des semences de maïs pour toute l'Europe. Ces semences, dites de base, sont ensuite plantées par des agriculteurs en contrat avec Monsanto pour les multiplier. Dans le même temps, 62 M d'euros servent à construire un deuxième séchoir à semences et une seconde ligne dans l'usine de Peyrehorade (Landes), où sont produites et conditionnées des semences de maïs et de colza. Les travaux devraient s'achever début 2015. La moitié de la production de ces deux sites est exportée vers l'Europe, parfois même au-delà. Au total, 500 M d'euros seront investis, sur les dix ans à venir, pour la production de semences en France, Hongrie, Roumanie, Turquie et d'autres pays d'Europe de l'Est.

Une part de 25 % des terres cultivables en France

Monsanto voit l'Hexagone comme un « jardin de semences » bénéficiant de « conditions pédoclimatiques exceptionnelles » et d'une « filière d'excellence », selon sa présidente en France Catherine Lamboley. Autant de raisons pour continuer à y mettre au point et à y produire des semences de grandes cultures, qui pèsent 61 % de l'activité. Un développement dans le maïs ensilage, encore peu présent au catalogue, est envisagé. Les semences potagères (9 % du chiffre d'affaires) sont aussi visées. 4 M d'euros ont d'ailleurs été récemment investis dans la station de recherche de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône). Au final, Monsanto pèse 25 % des terres cultivables françaises, selon elle. Un hectare de maïs sur six est planté avec ses semences et un hectare de colza sur deux. Sans oublier la protection des cultures, qui représente 30 % de l'activité.

Des produits et du conseil

L'Hexagone constitue le premier marché pour Monsanto sur la zone Europe Moyen-Orient Asie, qui a réalisé 2 Mrd de dollars de chiffre d'affaires (près de 1,5 Mrd d'euros) en 2013, sur un total de 14,9 Mrd de dollars (11 Mds d'euros) dans le monde. Le groupe américain, dont le siège français est situé à Saint-Priest (Rhône), emploie 518 personnes en France sur 11 sites. 1 300 agriculteurs sont sous contrat pour la multiplication des semences et un millier d'autres testent les nouvelles variétés de plantes.

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Monsanto complète son offre de produits avec du conseil. « L'agriculture de demain reposera sur l'innovation à la fois en produits, services et conseil », a estimé le DG Didier Charrier, en prônant « une vision plus intégrée ». Des moyens sont donc consacrés en R&D à l'agriculture de précision et aux outils d'aide à la décision.

En retrait sur les OGM

Si Monsanto continue à faire du marché national une priorité pour la recherche et la production de semences, le groupe a dû renoncer à y proposer des OGM. « Nous n'avons pas l'intention de fournir des semences OGM dans les années à venir » en France, en raison d'un « fort blocage mis en place par les politiques, qui relayent leur opinion publique », a réaffirmé Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles. Le groupe continuera à en vendre « dans les régions où le contexte politique est neutre à favorable », notamment en Espagne et au Portugal. Une décision qui vaut pour le reste de l'Union européenne. Après le récent accord politique des Vingt-huit sur les règles de mise en culture des OGM, Monsanto a confirmé le retrait de ses demandes d'autorisation concernant l'UE.