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Recherche Monsanto dans la course aux huiles sans « mauvaises graisses »

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La nouvelle réglementation américaine sur l’étiquetage des aliments, qui imposera de mentionner la teneur en acides gras trans de tous les produits, est censée entrer en vigueur dès 2006. Ces composés sont stigmatisés pour leur effet néfaste sur la santé : accroissement du taux sanguin de « mauvais » cholestérol, élévation des risques d’infarctus, de diabète… D’où la volonté de plus en plus pressante des industriels, à l'instar de Monsanto, de disposer d’huiles de cuisson et de friture appauvries en acides trans.

Le groupe Monsanto saisit la balle au bond en lançant un gigantesque programme de développement de nouvelles variétés de soja dont la composition lipidique des graines est modifiée. Le projet, présenté il y a quelques jours à la conférence de l’Association américaine de diététique, s’articule autour de trois phases successives. La première vise à mettre au point, par hybridation traditionnelle de soja Roundup-Ready, une variété qui produise une huile à faible taux d’acide linolénique. Celle-ci pourra donc être stable sans subir le process de l'hydrogénation au cours duquel apparaissent les acides gras incriminés. Les premières semences de ce type pourraient être disponibles d’ici à deux ans.

La deuxième phase du programme, qui s'étendra sur une durée de quatre à cinq ans, consistera à faire subir à cette variété de soja de nouvelles hybridations afin d’élever la teneur en acide gras mono-insaturé de leurs graines. D’un point de vue diététique, l’huile de soja ainsi obtenue serait équivalente à l’huile d’olive.

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La troisième phase du programme a pour objectif de diminuer le taux d’acides gras saturés sous le seuil symbolique des 1%. D’ici huit ans, le géant des biotechnologies compte pouvoir proposer des variétés idéales, enrichies en acides mono-insaturés, quasiment exemptes d’acides gras saturés et dont l’huile, parfaitement adaptée à la cuisson des frites, des nuggets ou des cookies, n’aura pas besoin d’être hydrogénée. Et même si elle l’était, elle ne recèlerait aucun acide gras trans. Reste à savoir si l’argument santé l’emportera alors sur la réticence des consommateurs vis-à-vis des produits dérivés d’OGM.