Des militants anti-OGM ont saccagé le 17 janvier une usine Monsanto pour obtenir du gouvernement un nouveau moratoire sur la culture du MON810. Action condamnée par le géant américain, qui répète n'avoir pas l'intention de vendre du maïs OGM en France dans les années à venir.
Monsanto condamne, le 20 janvier sur son site internet, un saccage dans l'usine de Trèbes (Aude), spécialisée dans les semences conventionnelles de maïs et de colza. Une centaine d'anti-OGM ont occupé, le 17 janvier pendant près de douze heures, les locaux audois du géant américain pour obtenir du gouvernement un nouveau moratoire sur la culture du maïs transgénique MON810, avant d'être délogés par les gendarmes dans la nuit. « Comme nous l'avons déjà communiqué il y a quelques années, et les manifestants le savaient très bien, nous ne vendons pas de maïs OGM en France et nous n'avons pas l'intention de le faire dans les années à venir », souligne Monsanto. L'action menée au nom du Collectif des faucheurs volontaires a conduit au « sabotage des semences destinées à des exploitations agricoles en France et dans d'autres pays, dont des pays en développement », indique le spécialiste des biotechnologies, qui précise avoir porté plainte.
Les anti-OGM dénoncent l'absence de moratoire
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« Nous sommes venus chez Monsanto pour exiger des ministres de l'Agriculture et de l'Environnement qu'ils s'engagent par écrit à prendre un moratoire sur le MON810 », a expliqué Jacques Dandelot, le porte-parole du collectif anti-OGM 31. En août, le président François Hollande avait confirmé une prolongation du moratoire sur le MON810 de Monsanto. Le Conseil d'État avait, la veille, annulé l'interdiction de cultiver ce maïs transgénique en France, pour non-conformité au droit européen. Les ministres de l'Agriculture Stéphane Le Foll et de l'Écologie Philippe Martin avaient, dans la foulée, rappelé « l'engagement du gouvernement (de) maintenir le moratoire sur la mise en culture de semences OGM ». Des promesses qui ne satisfont pas les militants. « Pour l'instant, il n'y a pas de moratoire et le printemps n'est pas si loin que ça », a insisté Jacques Dandelot.
LA collective MaizEurop' d'une part, l'Union française des semenciers (UFS) d'autre part, condamnent les actes de « vandalisme » sur le site Monsanto. Dans une lettre ouverte aux dirigeants de l'entreprise, les présidents de l'AGPM Christophe Terrain et de la FNPSMS Joël Arnaud appellent les pouvoirs publics à « condamner fermement » ces agissements, qui vont « à l'encontre des investissements réalisés, des emplois créés et de la dynamique d'un territoire ». « Les valeurs de l'entreprise et les objectifs de productivité et de compétitivité permis par l'engagement et la responsabilité des acteurs économiques ne sont, à l'exception de quelques groupuscules d'extrémistes délinquants, contestés par personne », écrivent-il le 21 janvier. De son côté, l'UFS appelle le gouvernement et les parties prenantes à « se mettre autour de la table pour enfin dépassionner ce débat ». « Il est indispensable que les semenciers puissent continuer leurs recherches pour contribuer à la compétitivité d'une agriculture performante et durable », d'après un communiqué du 22 janvier. « Nos entreprises, comme la recherche publique, sont victimes depuis plusieurs années de destructions qui anéantissent leurs travaux de recherche. (…) Nos scientifiques prennent du retard ou doivent s'expatrier pour pouvoir exercer leur métier et nos entreprises doivent délocaliser leur recherche hors du territoire national pour rester compétitives. »