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Monsanto répond à ses détracteurs

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Monsanto le mal-aimé : alors que des opposants au géant américain des biotechnologies organisent du 14 au 16 octobre un « Tribunal Monsanto », que les écologistes en général accusent l’entreprise de vouloir introduire des OGM en Europe, ce dernier répond aux accusations dans une lettre ouverte et une conférence de presse.

L’événement, prévu symboliquement à La Haye (Pays-Bas), « n’a rien d’un vrai débat », souligne le document publié sur le site internet du groupe connu pour ses semences OGM et son désherbant Roundup. « C’est une parodie de tribunal, entièrement à charge », a réagi le 11 octobre en conférence de presse Yann Fichet, le directeur des affaires institutionnelles de Monsanto. Aux accusations de dommages sanitaires et environnementaux, la firme rétorque qu’elle fait preuve de « transparence » sur les évaluations de sécurité de ses produits. « Il y a consensus scientifique sur l’absence de risque inacceptable » du glyphosate (la matière active du Roundup), a martelé Yann Fichet. Monsanto nie, de plus, créer une dépendance à des systèmes de production. « Chaque agriculteur est libre », explique la lettre ouverte, qui pointe sa large gamme de semences et services destinés également au bio.

Des nouvelles biotechnologies pleines d’avenir

Le rapprochement en cours avec Bayer, qui doit encore recevoir le feu vert des autorités de la concurrence, est aussi fortement décrié. Certains y voient une manœuvre du chimiste allemand pour pousser à l’introduction des plantes transgéniques dans l’UE. Les responsables de Monsanto ont assuré, le 11 octobre n’avoir « pas l’intention de proposer des OGM en France et en Europe » (sauf en Espagne et au Portugal qui les autorisent déjà). « Les conditions ne sont pas réunies pour cultiver des organismes génétiquement modifiés en toute sérénité », a expliqué Yann Fichet, constatant le « manque de neutralité bienveillante du gouvernement et de la société », une « évaluation des risques non basée scientifiquement ».

Monsanto fonde en revanche de grands espoirs dans les nouvelles techniques d’amélioration des plantes. Celles-là mêmes à propos desquelles le Conseil d’Etat a décidé le 3 octobre de surseoir à statuer jusqu'à ce que la Cour de justice européenne se soit prononcée sur plusieurs questions d’encadrement réglementaire. « Les nouvelles biotechnologies sont très intéressantes », a déclaré le directeur de l’activité semences de grandes cultures Tiago Costa, soulignant les avantages en termes de gain de temps, d’allègement des coûts de recherche. Et Monsanto de défendre la mutagénèse, accusée par certains de produire des « OGM cachés ». « Enormément de variétés potagères ou de grandes cultures comme l’orge sont issues de la mutagénèse, signale Yann Fichet. Devoir se passer d’une telle technique serait un cataclysme. »

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« Chaque agriculteur est libre de choisir sa méthode de production », déclare le groupe d’agrochimie 

Monsanto investit 6,5 M d’euros dans une nouvelle station de recherche en maïs

Monsanto a annoncé le 11 octobre 6,5 M d’euros d’investissements dans une nouvelle station de recherche en maïs. Elle est en construction à Boissay (Eure-et-Loir), « à côté de l’actuelle station de recherche en colza », a précisé le directeur des affaires institutionnelles Yann Fichet, rappelant que cela s’ajoute aux projets 2013-15 de quelque 160 M d’euros en production de semences et recherche potagère. Monsanto met en avant ses résultats dans la création de variétés tolérantes au stress hydrique : sa gamme de maïs offre « 4 à 5 % de rendement supplémentaire en situation climatique difficile », d’après Tiago Costa, directeur de l’activité semences de grandes cultures.