Le groupe américain Monsanto, en butte aux attaques notamment sur les pesticides, voit dans l'Hexagone un marché clé pour ses semences et son désherbant vedette, le Roundup. Il s'engage dans une opération de communication vers le grand public pour améliorer son image.
« Monsanto réaffirme sa volonté de renforcer son implantation en France, un marché clé pour le groupe », a indiqué le directeur de l'activité protection des cultures Didier Charrier, en conférence de presse le 10 juin. « On continuera d'y investir en recherche et production », a-t-il ajouté, rappelant les 141 M d'euros injectés entre 2013 et 2015 pour doubler la capacité de production de semences de grandes cultures et acquérir de nouveaux équipements de sélection potagère.
L'Hexagone constitue son marché le plus important dans la zone Europe Moyen-Orient Afrique, laquelle pèse 13,2 % des ventes en 2014, soit 2,2 Mrd de dollars sur un chiffre d'affaires total de 15,8 Mrd dans le monde. Le groupe fournit aux agriculteurs français des semences de maïs et de colza (60 % de l'activité), des semences potagères (9 %), ainsi que des phytos (30 %). Il affiche ses ambitions concernant de nouvelles variétés de colza oléique, et le maïs fourrager, un produit dont l'objectif est de « tripler (sa) part de marché en France dans les cinq ans », selon le directeur de l'activité semences, Tiago Costa.
Le groupe emploie en France 600 personnes (dont plus de 90 embauchées lors des deux dernières années) dans huit stations de recherche et quatre centres de production.
Le Roundup, un produit « sûr »
Monsanto doit pourtant faire face en France comme dans d'autres pays à une fronde des écologistes et à des attaques virulentes sur certains de ses produits.
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Le Roundup a par exemple été remis au centre de l'actualité après le classement en mars du glyphosate, son principe actif, comme cancérogène « probable chez l'homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Le produit « a été homologué en 2002 au niveau européen à l'unanimité des Etats membres, et le processus pour le renouvellement de cette homologation est en cours », a rappelé Denis Charrier.
Monsanto réaffirme l'innocuité et les bénéfices du désherbant. « En 40 ans d'existence, le Roundup a démontré sa sécurité d'utilisation », a considéré Didier Charrier. Et d'insister : « On confirme cette sécurité d'emploi, dès lors que le produit est bien utilisé, conformément aux recommandations d'usage et aux bonnes pratiques. » Monsanto met en avant l'efficacité du Roundup contre les mauvaises herbes, son intérêt dans le cadre du non labour, qui notamment limite l'érosion, l'empreinte carbone. « Il n'y a pas d'effet négatif sur les pollinisateurs », a-t-il aussi défendu, sur la base d'études d'impact.
Ce genre de polémiques a d'ailleurs poussé Monsanto à s'engager dans une opération de communication vers le grand public pour répondre aux « incompréhensions », alors que « beaucoup de gens parlent à notre place de notre entreprise », a raconté le directeur des affaires institutionnelles, Yann Fichet. « Le public a en France une certaine image de notre entreprise et ne sait pas ce que nous faisons », a-t-il poursuivi en expliquant que la création d'un site dédié doit permettre de répondre aux questions des internautes sur les activités du groupe et d'en vulgariser les aspects techniques et scientifiques.
Depuis quatre mois que le site découvrir.monsanto.com est en place, il a déjà reçu près de 300 000 visiteurs, selon Yann Fichet.