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Légumes d’industrie Morosité historique pour la filière française des légumes d'industrie

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A 54 500 ha prévus pour 2015, les niveaux d'emblavements en légumes d'industrie n'ont jamais été si faibles. Un constat inquiétant pour l'Unilet, interprofession des légumes en conserve et surgelés, réunie en assemblée générale le 23 juin.

Les producteurs et industriels de l'Unilet ont tiré la sonnette d'alarme quant à la situation préoccupante de leur filière le 23 juin dernier. Les emblavements, qui oscillaient depuis 2005 entre 62 et 70 000 ha, passent cette année sous les 55 000 ha. (-17% par rapport à 2014). Les bons rendements, qui devraient limiter la baisse de la production (745 700 tonnes soit - 15% par rapport à 2014), ne suffisent pas à rassurer les professionnels. Moins de volumes commandés, c'est un manque à gagner pour les agriculteurs ; des quantités inférieures chez les industriels, c'est une baisse de l'activité qui entraîne des surcoûts et met en danger l'équilibre économique des entreprises.

« Nos voisins sont-ils meilleurs que nous ? » s'est interrogé Jean-Bernard Bonduelle, président sortant de l'Unilet, qui constate que les autres pays européens restent compétitifs. En effet, alors que la France, historiquement excédentaire en légumes en conserve (hors maïs doux), a vu sa balance s'équilibrer en 2013 puis s'inverser en 2014, les exportations de la Belgique, l'Allemagne, la Hollande et l'Espagne restent dynamiques.

« Des distorsions de concurrence inacceptables »

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Le marasme du secteur n'est pas étonnant pour les professionnels des légumes transformés. « En France, on adore réglementer quand les autres pays européens se contentent d'appliquer strictement le droit communautaire » déplore Philippe Le Masle, président du groupe légumes Fiac (Fédération des industries d'aliments conservés). « Lorsque les produits circulent librement, c'est une distorsion de concurrence inacceptable ! » poursuit-il.

La Fiac dénonce l'interdiction franco-française d'utiliser du Bisphénol A (BPA) dans les boîtes de conserve, ce qui a engendré des surcoûts de 5% pour les industriels. Chez les agriculteurs, on regrette les contraintes environnementales françaises, plus dures que le droit européen, ou le coût de la main d'œuvre plus élevé que chez nos concurrents. Au delà des distorsions européennes, la Fiac pointe du doigt des disparités internes et notamment la puissance de la distribution. « Quatre super-centrales couvrent 98% du marché », s'indigne M. Le Masle. Le phénomène de concentration de la distribution et l'essor des marques distributeurs inquiètent assurément. 

Un discours ministériel peu convaincant

Interpelé par l'Unilet lors de son assemblée générale le 23 juin, Sébastien Couderc, venu représenter le ministre de l'Agriculture, a évoqué la question des distorsions de con3currence, s'appuyant sur « les attentes de la société que l'Etat ne peut ignorer ». Seuls lots de consolation : une révision de la BCAE4 prévue courant 2016 pourrait apporter une solution aux producteurs de haricots, qui sèment en juin mais doivent justifier d'un couvert au 31 mai et la possibilité, dans le cadre du contrat socle, de n'assurer que 70% de la surface d'un même bloc au lieu des 100% initialement prévus.