La création de « sociétés communes » qui permettraient d'écouler les fruits grecs sur le marché russe malgré l'embargo est évoquée par Moscou et Athènes. Bruxelles rappelle que la politique commerciale est du ressort de l'UE et qu'un État membre ne peut faire cavalier seul.
Moscou et Athènes pourraient créer des « sociétés communes » qui permettraient à la Grèce d'exporter sur le marché russe (pêches, fraises, kiwis, citrons...) en dépit de l'embargo sur les produits agroalimentaires de l'UE. Cette possibilité a été évoquée le 8 avril par le président russe Vladimir Poutine qui recevait Alexis Tsipras. Le premier ministre grec a critiqué une nouvelle fois les sanctions occidentales contre la Russie motivées par la crise ukrainienne, sanctions qui ont provoqué l'instauration de l'embargo. « Nous ne pouvons pas faire d'exception pour un seul pays de l'Union européenne », a précisé le président russe à propos d'une éventuelle levée de cette interdiction.
À Bruxelles, la Commission européenne a rappelé que la politique commerciale était « une compétence exclusive de l'UE ». « Nous attendons des États membres (...) qu'ils parlent d'une seule voix à nos partenaires commerciaux, y compris la Russie », a précisé un porte-parole.
« Une série de propositions »
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« Nous évoquerons en profondeur (la question de l'embargo) demain lors d'une rencontre du premier ministre Dmitri Medvedev avec le premier ministre grec à laquelle je participerai », avait annoncé le 8 avril le ministre russe de l'économie, Alexeï Oulioukaïev, cité par les agences du pays. « Nous avons préparé une série de propositions en rapport avec l'embargo et les avons soumises à la discussion », avait-il ajouté.
Nikolaï Fedorov, le ministre grec de l'agriculture, avait indiqué auparavant, le 7 avril, à la veille de la visite d'Alexis Tsipras, que Moscou peut exclure certains pays, dont la Grèce, la Hongrie et Chypre, de la liste des États frappés par l'embargo sur les importations de produits agroalimentaires. « Il est peu probable qu'on prenne demain une décision quelconque, mais on peut en discuter », avait-il dit.
Le 2 avril, Sergey Dankvert, le chef du service russe de surveillance vétérinaire et phytosanitaire (Rosselkhoznadzor), et l'ambassadrice de Grèce à Moscou, Danae Koumanakou, ont eu des négociations portant à la base sur l'inspection prochaine d'unités grecques de transformation de viande intéressées par l'exportation en Russie. Cette inspection ne doit pas être considérée comme une suppression anticipée des restrictions à l'importation imposées le 7 août par Moscou, a tenu à préciser Sergey Dankvert, cité par ses services.