En plein conflit gazier avec l'Ukraine et l'Union européenne, Moscou a lancé une démonstration de force dans le domaine vétérinaire. Le chef des services sanitaires russes, Serguei Dankvert, a indiqué le 14 janvier en marge de la semaine verte de Berlin (Allemagne) que de nouveaux abattoirs et ateliers de découpe néerlandais, français et allemands allaient être retirés des listes des établissements autorisés à exporter vers la Russie.
A l’occasion d'un véritable « show », organisé en marge de la Semaine verte de Berlin, le 14 janvier, le chef des services vétérinaires russes, Serguei Dankvert, et son compatriote, Alexander Gordeev, ministre de l’agriculture, ont rendu les copies des dernières inspections menées, notamment en Europe, aux Etats-Unis, en Argentine, au Brésil, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Si l’Allemagne, et dans une moindre mesure la France, limitent la casse, les Pays-Bas sont placés dans une position délicate.
Blocages des expéditions de nombreux sites européens
« Ce ne sont pas des notes, mais des établissements délistés », ironise un diplomate : 16 sur 20 visités, pour les Pays-Bas, 5 sur 25 pour l’Allemagne et 14 sur 24 pour la France. Tel est le nombre de sites passés au crible par les inspecteurs russes en décembre dernier, et qui se verront retirer ou suspendre leur licence d’exportation. En France, cette décision concerne 5 sites industriels de la filière porc et bovin et 9 sites de produits avicoles.
Parmi les autres pays touchés dans le monde figurent notamment l’Australie, où un site de production de viande de kangourou est menacé de disparaître, et le Brésil, avec deux établissements concernés.
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Serguei Dankvert a présenté une « analyse rétrospective » de la qualité sanitaire des exportations de produits à base de viande vers la Russie, l’an passé. Et détaillé les exigences russes pour l’année en cours. Ses services exigent le respect de la législation russe sur les denrées alimentaires, jugeant par exemple excessif le niveau de résidus de médicaments vétérinaires ou de résidus de pesticides dans les produits expédiés par l’Union européenne. Les négociateurs européens espéraient revenir de Berlin avec un accord sur ces deux questions avec les Russes.
Les quotas russes en 2009
Par ailleurs, la Russie a présenté récemment une nouvelle allocation de quotas pour ses importations de viande en 2009, une pratique qui va d’ailleurs à contre-courant des engagements pris dans la perspective d’une adhésion à l’OMC. Moscou a annoncé pour 2009 une réduction de 250 000 tonnes de son quota d’importation à droit préférentiel de volaille à 952 000 t (tarif de 25 %), les Etats-Unis écopant d’une réduction de 20 % de leur part à 750 000 t et l’UE passant de 236 400 t à 185 800 t. Dans le secteur porcin, le quota a été fixé à 531 900 t (à droit préférentiel de 15%) contre 493 500 t l’année précédente, la part accordée aux Etats-Unis ayant été revue à la hausse : de 50 700 t, elle est passée à 100 000 t. Celle de l’UE a progressé de 249 300 à 253 400 t.
Au-delà de ces quantités, les droits hors quotas passent à un taux de 75 % pour le porc et 95 % pour la volaille, contre 40% précédemment dans ce dernier secteur, ce qui les rend prohibitifs. Pour la viande de bœuf, ce chiffre est abaissé de 40 % à 30 %. Un droit minimal de 0,80 euro pour la viande de volaille, de 1,50 euro pour la viande de porc et de 0,30 euro pour la viande de bœuf a été fixé.