La Russie a bloqué les importations de fruits et légumes en provenance de l'Ukraine, arguant d'éventuels contournements de l'embargo qu'elle applique aux produits agroalimentaires de l'UE – et qu'elle vient par ailleurs d'étendre aux sous-produits animaux (1). Kiev a annoncé une plainte à l'OMC.
L 'AGENCE sanitaire russe a décrété le 21 août une interdiction d'importation des produits végétaux (fruits et légumes) en provenance d'Ukraine pour parer à un éventuel contournement, via ce pays, de l'embargo mis en place par Moscou en août sur les produits alimentaires de l'UE.
« Une brusque croissance des livraisons des produits végétaux en provenance d'Ukraine, souvent sans étiquettes ou bien avec des étiquettes enlevées à dessein, prouve leur origine non ukrainienne », a assuré l'agence Rosselkhoznadzor dans un communiqué.
La Russie a déjà interdit l'importation de produits ukrainiens, officiellement pour des raisons sanitaires et de « protection des consommateurs ». Ces restrictions concernent les pommes de terre, le soja, les jus, les conserves, le lait, les fromages et autres produits issus de l'agriculture, à cause de la « présence de résidus d'antibiotiques » et d' « infractions en matière d'étiquetage ».
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Le Parlement européen a soutenu le 23 juin, par 497 voix contre 78 et 56 abstentions, la proposition de la Commission de Bruxelles visant à prolonger jusqu'à la fin de 2015 l'accès en franchise de droits de nombreuses exportations ukrainiennes sur le marché de l'UE. Ces mesures, introduites en avril dernier, devaient au départ expirer après six mois et être remplacées par une ouverture mutuelle des marchés, conformément à l'accord d'association global entre l'UE et l'Ukraine ratifié par les parlements des deux parties en septembre. Cependant, le 12 septembre, au cours des négociations avec Kiev et Moscou, l'UE a accepté de retarder jusqu'au 31 décembre 2015 la mise en place de la zone de libre-échange UE-Ukraine, d'où le projet de prorogation de l'ouverture unilatérale du marché communautaire.
Dans le secteur agricole, quelque 80 % des exportations ukrainiennes ne sont plus frappés de droits de douane à leur entrée dans l'UE, des quotas à droit nul étant toutefois fixés pour les produits sensibles, céréales, porc, bœuf et volaille notamment.
(1) Voir même numéro