My Label promet aux consommateurs d’aller au-delà de l’analyse nutritionnelle et d’évaluer si les produits alimentaires « sont en phase » avec leurs valeurs. Avec comme objectif d’inciter les industriels à produire « ce qu’attendent les consommateurs ».
Après Yuka ou Open Food Fact, il y a désormais My Label. Une nouvelle application destinée à accompagner le consommateur dans ses choix alimentaires, dont le lancement a été annoncé le 2 avril. Alors que les deux premières sont principalement axées sur l’évaluation nutritionnelle des produits scannés, My Label promet « d’évaluer si les produits que vous achetez sont en phase avec vos valeurs » en permettant aux utilisateurs de personnaliser leurs critères de consommation, en fonction d’une vingtaine d’exigences liées à la santé (présence de pesticides, d’OGM, nutrition…), à l’environnement (génération de pollutions…) ou au social (juste rémunération des agriculteurs…).
Pour cela, l’application, qui référence déjà plus de 500 000 produits, s’appuie sur des informations de sources associatives ou d’ONG (Faire un monde équitable, Bio Consom’acteurs, Greenpeace, CIWF…) ou d’un établissement public, l’Institut national de la consommation (INC). Ces derniers ont déjà accepté de rendre leurs contenus disponibles et la plateforme est en discussion pour intégrer d’autres acteurs. My Label veut « mettre en relation les consommateurs avec les associations pour faire bouger les entreprises », a expliqué Christophe Hurbin, co-fondateur de l’application, lors de la conférence de presse de lancement. « Il y avait un besoin pour une démarche personnalisée ne se limitant pas à la nutrition, c’est-à-dire moi-même », estime-t-il. Outre l’application, My Label propose également une extension « e-commerce » sur les navigateurs web, compatible sur les sites de Carrefour, Houra, Monoprix et Leclerc et permettant aux consommateurs d’évaluer de la même manière les produits alimentaires achetés.
Produire ce « qu’attendent les consommateurs »
Pour se financer, la plateforme, labellisée Économie sociale et solidaire (ESS), « s’interdit de faire de la publicité » ou de la vente de données personnelles, mais compte « agréger de manière anonyme les données utilisateurs » pour les rendre ensuite accessibles sous forme d’un tableau de bord, et via un abonnement mensuel, aux entreprises, afin qu’elles « produisent les produits qu’attendent les consommateurs », a détaillé Christophe Hurbin. Celui-ci a cependant indiqué n’avoir pour le moment « pas d’accord » avec des distributeurs ou des marques. « Nous discutons avec eux pour voir ce dont ils ont besoin pour avancer », a-t-il ajouté.
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Un modèle qui pourrait s’étendre aux cosmétiques ou au textile
Lancée en autofinancement et ayant bénéficié d’un prêt de BPI France, My Label « n’a pas de lien financier avec les consommateurs et les associations », a également indiqué Christophe Hurbin. En retour du partage de leurs contenus, ces dernières pourront avoir accès au tableau de bord, leur permettant d’avoir « un bilan sur leur impact ». Les utilisateurs auront, eux, le choix de pouvoir utiliser l’application sans partager leurs données. « Un pari », reconnaît Christophe Hurbin, qui juge que, malgré tout, la majorité « aura envie de changer les choses ». S’il fait ses preuves, le modèle de My Label, pour l’instant cantonné aux produits alimentaires, pourrait s’étendre à d’autres types de productions, notamment « les cosmétiques ou le textile », estime Christophe Hurbin, qui vise une rentabilité de l’application dans les deux ans.
Exigences liées à la santé, à l’environnement ou au social