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Mycea veut accélérer le développement de ses solutions de biocontrôle et de biostimulation

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Pierre-Jean Moundy, DG et cofondateur de Mycea Crédits : © mycea

  La société Mycea utilise les propriétés naturelles des champignons pour mettre au point des solutions naturelles visant à protéger les cultures par le biocontrôle et favoriser la croissance de végétaux par la biostimulation. Deux axes de développement qu’elle compte accélérer grâce à une récente levée de fonds

Créée en 2018, Mycea travaille sur les propriétés biologiques et biochimiques des champignons pour trouver des solutions naturelles pour améliorer la santé des plantes. Lauréate du concours d’innovation i-Lab en 2019, la start-up a obtenu fin janvier 2023 un financement de 8 millions d’euros auprès de Vol-V, une société initialement présente dans les énergies renouvelables qui jouent ici le rôle d’un investisseur. « Maintenant que nous avons obtenu la preuve du concept à l’échelle du laboratoire, nous avons un plan de développement assez conséquent sur les cinq prochaines années évalué à 13 millions d’euros. Vol-V s’engage à nous accompagner sur la durée, sachant que dans nos métiers, le temps d’accès pour la mise sur le marché de nos produits est assez long. Outre les moyens financiers, Vol-V nous apporte aussi son savoir-faire et ses compétences », explique Pierre-Jean Moundy, directeur général et cofondateur de la start-up avec Dominique Barry-Etienne et Sébastien Diette.

L’activité de Mycea s’articule autour de deux axes, le biocontrôle et la biostimulation. Dans le biocontrôle, la société propose des solutions naturelles visant à se substituer aux intrants chimiques. « Nous avons une bibliothèque de plusieurs centaines de champignons, que nous mettons en culture via des fermenteurs pour accélérer leur croissance et ensuite que nous standardisons. Nous recherchons quels types de molécules issues de ces champignons sont les plus actives pour lutter contre les maladies et principalement les mildious de la vigne et de la pomme de terre, l’oïdium de la vigne, ou encore la pourriture grise (Botrytis cinerea) de la vigne et des tomates et la septoriose du blé…. Nous étudions les principes actifs d’une vingtaine de champignons ayant des effets sur les maladies agricoles les plus répandues en Europe pour fournir une solution naturelle aux agriculteurs », détaille Pierre-Jean Moundy.

Le deuxième axe de développement de Mycea repose sur la biostimulation à partir de l’étude des champignons mycorhiziens présents dans les sols, dont le rôle est fondamental pour favoriser la croissance des plantes. « Chaque sol ayant sa particularité, nous proposons un service à partir d’un prélèvement de sol chez le client pour qui nous développons un cocktail à façon, à partir des espèces de champignons mycorhiziens présents dans ses sols », explique le cofondateur. Actuellement vendu sous forme de poudre, Mycea travaille à adapter les formules de ces inoculateurs aux spécificités de chaque filière. « Nous avons mis en place une dizaine d’essais avec des collectivités locales pour favoriser la pousse des espaces verts et aussi sur des vignes dans l’Hérault où deux ans après l’inoculation, la quantité de raisins produits sur la parcelle traitée avec nos biostimulants est deux fois supérieure à celle d’une parcelle que nous n’avons pas traitée », ajoute-t-il.

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Des ambitions fortes pour 2030

Dans le biocontrôle, la société dispose d’un fermenteur de 5 litres en laboratoire et compte installer un fermenteur de 20 litres fin 2023, avant de passer à l’industrialisation du process sur 300 litres et plus, mais cette fois en partenariat avec des plateformes de fermentation externes. Soumis à la même réglementation que les pesticides chimiques, les solutions de Mycea doivent faire l’objet d’une demande de mise sur le marché au niveau européen. Sachant qu’entre la découverte de la solution et la mise sur le marché, il faut compter environ 9 ans, « nous nous préparons à déposer une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en Europe de notre premier produit de biocontrôle, sur lequel le dépôt d’un brevet est en cours. Nous visons un objectif de cinq substances actives déposées d’ici 2030 agissant sur les cinq maladies les plus répandues en Europe continentale. Nous entreprendrons parallèlement des discussions avec des industriels pour codévelopper la distribution », indique encore Pierre-Jean Moundy.

Et en biostimulation, « le premier démonstrateur de production, de 25 m² de surface utile, que nous allons mettre en place en 2023, doit nous permettre de produire une quantité de champignons mycorhiziens suffisante pour biostimuler l’équivalent de 500 000 végétaux/an. Nous voulons être prêts à commercialiser nos biostimulants en 2024 et l’objectif est de doubler la production en 2026 », termine-t-il.