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Myfood démocratise l’aquaponie et l’agriculture verticale

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Les serres Myfood accueillent des tours d'agriculture verticale. Crédits : © Myfood

Le fabricant de serres alsacien Myfood met à portée du grand public les technologies d’agriculture verticale et d’aquaponie réservées jusqu’à aujourd’hui aux producteurs professionnels. Près de 1000 serres connectées ont été déjà commercialisées.

L’agriculture verticale et l’aquaponie ne sont plus réservées aux serres professionnelles dernier cri : désormais, le grand public peut s’initier et maîtriser ces nouvelles techniques sous réserve d’avoir accès à un espace extérieur. Partant de cette idée, Matthieu Urban et Mickaël Gandecki ont fondé Myfood, basée à Molsheim (Bas-Rhin) et lancé des serres équipées. « Nos serres de différentes tailles sont équipées de bassins d’aquaponie, de tours verticales et de carrés potagers pour cultiver en pleine terre », explique Matthieu Urban, sachant que chaque serre peut être personnalisée. Ainsi 60% des serres vendues sont-elles équipées d’un bassin avec des poissons dont l’eau enrichie des déjections permet de nourrir les plantes. Et parmi ceux qui pratiquent l’aquaponie, quelques propriétaires élèvent même des espèces comestibles, truites ou carpes, tandis que les autres ont opté pour des espèces d’agrément comme les poissons rouges ou les carpes koï.

L’intérêt des serres de Myfood est de permettre aux utilisateurs d’être rapidement autonomes pour produire leurs légumes et quelques fruits comme les fraises, les melons et les pastèques. Pour cela, la société a créé un boitier connecté relié à des capteurs (eau, terre et air) pour mesurer ce qui se passe dans la serre et commander à distance l’ouverture des lucarnes et de la ventilation mécanisée. En revanche, l’ouverture de la porte ou la manipulation des toiles pour l’ombre est du ressort de l’utilisateur. Et pour la gestion de l’aquaponie, les informations récupérées par les capteurs sont analysées par Myfood qui peut ainsi délivrer des conseils aux utilisateurs, sans commande à distance. Un abonnement d’une quarantaine d’euros par an est acquitté par le propriétaire pour ces services, qui par ailleurs reste libre de se fournir ou non en consommables auprès de Myfood.

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Expansion internationale

« D’ici la fin de 2023, nous aurons commercialisé 1000 serres Myfood depuis le lancement commercial en 2017 après deux ans de R&D », prévoit Matthieu Urban. La conception a permis de rationaliser les coûts, avec des composants communs et d’autres spécifiques. Tous les éléments sont rassemblés dans un même entrepôt logistique avant d’être expédiés chez les clients où la société peut proposer le montage. Deux modèles de serres sont proposés, de 3,5 m2 ou 22 m2, au tarif (livré) allant de 5500 euros à 25520 euros, en fonction des équipements de culture. Les ventes se font en France, et se développent rapidement au Benelux et dans les pays germanophones, ainsi qu’au Québec.

Parmi les projets de Myfood, figurent la diversification des productions (micro-pousses, tubercules et même spiruline) et le développement de l’export vers les pays d’Europe. « L’équipement en serres des particuliers et des professionnels comme les écoles, les programmes immobiliers ou les maisons de retraite, présente un fort potentiel », explique Matthieu Urban. La société s’est financée à deux reprise par l’intermédiaire d’opérations de financement participatif à hauteur de 3 millions d’euros depuis son lancement. Comptant une vingtaine de salariés, Myfood prévoit un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2023, après 4 millions d’euros en 2022.