Mystère insondable de la Commission. Comment fait-elle pour sans coup férir dire blanc un jour et noir le lendemain ? Quel aplomb en particulier chez Mariann Fischer Boel quand elle fait volte-face sur l’autorisation de couper vin rouge et vin blanc pour faire du rosé. L’explication qu’elle en donne est d’une simplicité qui fait rêver : « il est important d’écouter les producteurs », avoue la commissaire à l’agriculture voulant montrer que « Bruxelles pouvait prendre de bonnes décisions quand elle écoutait les professionnels ». Ce que n’avait d’ailleurs pas fait d’emblée le ministre français puisque la France n’avait même pas mis d’objection au projet initial de modification des pratiques œnologiques lors de son passage devant les représentants permanents des Etats-membres. La candeur de la commissaire est complète ou alors c’est un loupé de sa communication car elle n’a pas fait connaître sa décision la veille mais le lendemain du scrutin européen. Pour quel bénéfice ? on ne saura jamais, toujours est-il que cela donne des idées à d’autres, ainsi la Coordination rurale lui demande avec ironie - ou impertinence - d’avoir « la même attention pour les producteurs de lait qui font face à une crise d’une gravité extrême ». Le lobbying du monde viticole français, avec le renfort des Espagnols et des Italiens, serait-il plus efficace que les violents affrontements autour du prix du lait ? Pourtant l’enjeu en est autrement plus important mais on s’attend quand même à ce que Bruxelles utilise a minima ses outils de régulation des marchés et ne remette guère en cause la suppression programmée des quotas.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.