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Grenelle de l’environnement N. Kosciusko-Morizet compte sur l’implication des chambres d’agriculture

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. Tel a été le message adressé par Nathalie Kosciusko-Morizet aux présidents des chambres d’agriculture réunis en session le 17 décembre à Paris. Diffusion des connaissances, formation, conseil… les chambres d’agriculture sont en première ligne pour mettre en œuvre le Grenelle de l’environnement, selon la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, avec à la clef de nouvelles sources de revenus.

Nathalie Kosciusko-Morizet ne néglige aucune carte pour faire adhérer le monde agricole à la politique environnementale du gouvernement. L’intérêt bien compris des acteurs de terrain en fait partie. « Il va y avoir du boulot pour les chambres » pour la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, a expliqué la secrétaire d’Etat à l’Ecologie le 17 décembre devant l’ensemble des présidents de chambres d’agriculture réunis en session. Un exemple : les produits phytosanitaires. « Un million de personnes » sont susceptibles d’être concernées par le futur certificat qui sera obligatoire pour utiliser professionnellement des pesticides, indique la secrétaire d’Etat. Les besoins et les activités de formation devraient s’en trouver démultipliés. Les chambres d’agriculture pourront se positionner pour y répondre.

De manière globale, le réseau des chambres d’agriculture est considéré par Nathalie Kosciusko-Morizet comme un relai important pour la mise en œuvre des objectifs du Grenelle. « On a besoin de vous pour accompagner le mouvement sur le terrain » en matière de réduction des usages des pesticides, insiste la secrétaire d’Etat de Jean-Louis Borloo. « Repérer (les meilleures pratiques), diffuser (les itinéraires techniques innovants), former les agriculteurs… Les chambres sont en première ligne ».

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Un label pour la certification environnementale

Concernant les dossiers en cours, le volontarisme de la secrétaire d’Etat reste intact sur le développement de l’agriculture biologique. Toutefois, précise-t-elle, « je ne crois pas que le bio soit l’horizon souhaitable pour toutes les exploitations en France ». A ses yeux, la certification Haute valeur environnementale (HVE) des exploitations agricoles – actuellement en préparation – devrait être la « consécration » en termes de démarche agro-écologique, et devra bénéficier d’un label. « Il y aura un affichage sur les produits ; c’est un engagement fort du Grenelle ». Pour ce qui est de la certification, « le niveau 2 (du dispositif) a vocation à être le socle commun aux autres démarches, avec l’objectif de 50% des exploitations certifiées en 2012 ». Plusieurs indicateurs sont en réflexion. Un de ceux-ci, dénommé « infrastructures agro-écologiques », prendra pour base la présence de haies ou d’arbres sur l’exploitation. « L’idée est qu’un pourcentage significatif puisse être pris en compte au titre de la HVE ». Concernant l’indicateur « intrants », une des pistes retient la part des intrants dans le chiffre d’affaires de l’agriculteur. « On est à ce jour plutôt sur l’Indice de fréquence de traitement (IFT) », précise toutefois la secrétaire d’Etat. Le référentiel du système de certification sera arrêté « en 2009 ».

Concernant la trame verte, Nathalie Kosciusko-Morizet assure qu’aucun type de gestion particulière ne serait imposé aux espaces qui y seront intégrés. Les procédures contractuelles seront la règle. Néanmoins, consciente de la défiance des professionnels à l’égard de ce nouveau zonage, la secrétaire d’Etat explique qu’il sera un outil intéressant pour lutter contre l’artificialisation des sols.