Plusieurs start-up se sont lancées dans le projet d’accélérer la mise à jour des images satellitaires, en envoyant en orbite des « constellations » de nano-satellites. Objectif à court terme : une mise à jour quotidienne, voire mieux !
Depuis son lancement en septembre, Agra’up, la nouvelle lettre d’information sur les start-up agricoles de l’agence Agra, a identifié plusieurs start-up, le plus souvent américaines, portant chacune le même projet de diminuer le temps de mise à jour de la photographie satellitaire à travers le monde.
Elles ont pour nom Planet Labs, Astro Digital, Black Sky, Capella Space ou UrtheCast… toutes nées il y a moins de cinq ans. Ces start-up ont levé chacune des fonds importants, plusieurs millions voire plusieurs dizaines de millions de dollars, et projettent toutes, à un horizon de trois à cinq ans, d’exploiter des « constellations » de satellites, capables de mettre à jour très régulièrement une même image. Objectif : faire passer le temps de mise à jour des images de 5-10 jours à un jour, voire moins.
Dernière actualité en date dans ce secteur bouillant : la levée de fonds de 16 millions de dollars révélée le 2 mars par la start-up américaine Astro Digital. Forte de ses financements, Astro Digital a annoncé dans la foulée le lancement de huit satellites pour l’année 2017, rapporte le média américain Agfunder. Ce qui lui permettrait de délivrer une image mise à jour tous les deux jours en fin d’année, avec pour objectif d’atteindre la mise à jour quotidienne au premier trimestre, selon Agfunder. Parmi les clients de la start-up, des sociétés de conseil aux agriculteurs, d’assurance agricole ou même des fonds d’investissements, rapporte Agfunder.
Beaucoup de lancements prévus
Ces start-up profitent à plein de la baisse du coût de construction des satellites depuis plus d’une décennie, elle-même dérivée des progrès techniques réalisés sur le marché des téléphones mobiles, rapportait The Economist dans une enquête en 2014. Elles profitent aussi de leur miniaturisation ; la plupart des satellites de start-up destinés à l’observation des parcelles agricoles sont aujourd’hui des nano-satellites (entre 1 et 10 kg). Ceux envoyés par Astro Digital pèsent par exemple chacun dix kilogrammes et mesurent la taille d’une boîte à chaussure.
Plus petits, les satellites deviennent moins chers à mettre en orbite ; c’est ainsi qu’en février, une seule fusée de l’agence spatiale indienne est parvenue à lancer 104 nano-satellites en orbite. Dont 88 appartenaient à une même société, Planet Labs, qui en exploite désormais plus d’une centaine, notamment pour l’agriculture.
Ces baisses de coût donnent de l’ambition aux start-up ! En Californie fin 2016, Capella Space s’est fixé pour objectif de mettre à jour ses images « toutes les 45 minutes d’ici 2020 », grâce à une constellation d’une trentaine de satellites, avec parmi ses marchés l’agriculture. Pour l’heure, elle a seulement annoncé le lancement de son premier satellite, pour décembre 2017.
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Voir à travers les nuages
Un problème subsiste pourtant, qui n’est pas complètement résolu par les constellations de nano-satellites : les nuages. La plupart des satellites qui observent les terres agricoles captent la "réflection" de la lumière du soleil par les plantes. Problème : cette lumière ne traverse pas, ou très peu, les nuages et ne peut être captée la nuit. Si bien que certaines images prises par satellite sont inutilisables.
Pour lever cet obstacle, certains satellites, comme Sentinelle 1 (agence spatiale européenne) embarquent désormais de nouvelles technologies qui permettent de voir à travers les nuages, comme le radar à synthèse d’ouverture (RSO). L’idée est que les satellites captent les ondes électromagnétiques qu’elles ont elles-mêmes envoyées vers la terre, et choisies pour être peu sensibles aux nuages.
Selon le spécialiste de l’agtech chez Monsanto Ryan Rakestraw, interviewé par Forbes, le RSO permet non seulement « de regarder à travers les nuages », mais aussi « à travers une canopée ou un feuillage, pour voir des aspects structurels de la culture ». La start-up canadienne UrtheCast, prévoit par exemple de lancer huit satellites dotés de la technologie RSO d’ici 2019-2020.