Le spécialiste du pop-corn Nataïs espère pouvoir exporter son maïs en vrac en Chine en 2018. La PME gersoise a bouclé l'exercice 2017 sur une hausse de 10% de son chiffre d'affaires à 45 M€ et investit 3 M€ pour augmenter ses capacités de stockage.
Les voyages présidentiels permettent parfois de lever des obstacles. Leader européen du pop-corn micro-ondable et du maïs à éclater en vrac (respectivement deux tiers et un tiers de ses ventes), Nataïs va peut-être le vérifier en Chine. Alors qu'elle essaie vainement depuis trois ans d'y vendre son maïs en vrac, une importation non autorisée par les autorités chinoises, la PME basée à Bézéril (commune de 102 habitants du Gers) a bénéficié, début janvier, du voyage présidentiel d'Emmanuel Macron à Pékin et du service économique de l'ambassade de France pour rencontrer des représentants de l'organe de contrôle concerné, le China Entry-Exit Inspection and Quarantine Association. "Ce qui devrait faire aboutir les démarches que nous entreprenons depuis plusieurs mois avec FranceAgriMer", espère Michael Ehmann, patron fondateur de Nataïs. Si l'entreprise y vend déjà son pop-corn via un distributeur chinois depuis 18 mois, ce voyage lui a aussi permis de conclure un accord avec un nouveau partenaire qui devrait assurer une distribution beaucoup plus large de ses produits sur un créneau haut de gamme, lié à la bonne perception qu'ont les consommateurs chinois du made in France.
Très orientée à l'export depuis la reprise en 1991 de l'exploitation agricole lancée dix ans plus tôt par son père Heinrich, la PME de 130 salariés réalise 90% de son chiffre d'affaires hors de France. D'abord en Europe où elle détient 35% de parts de marché, notamment en Allemagne (pays d'origine de la famille Ehmann), en Scandinavie, Grande-Bretagne et Roumanie, et depuis cinq ans à la grande exportation (7 à 8% de ses ventes en Asie, Afrique du Nord et Russie), en ciblant toujours des pays où la production de maïs est peu développée.
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En concurrence avec des groupes ou sociétés américaines (Conagra, Pop Weaver) ou d'Europe de l'Est (le hongrois Mogyi), Nataïs base sa réussite sur la maîtrise de sa filière de production agro-écologique. Elle mobilise plus de 200 producteurs sous contrat annuel, tous situés dans le Sud-Ouest à 150 km autour de Bézéril. En 2018, les surfaces cultivées devraient ainsi augmenter de 16,6% à 7 000 hectares cumulés, dont 250 en bio (production annuelle de plus de 35 000 tonnes de maïs). Le choix d'engrais verts (féveroles) pour fertiliser les sols l'hiver, la mise au point de la technique de semis green tillage, la gestion plus responsable de l'irrigation ou encore un traitement biologique de la pyrale illustrent la démarche de Nataïs qui lui permet de s'imposer avec des produits sans OGM. Depuis quatre ans, la PME a mis en place le programme Tremplin qui accueille et forme pendant deux ans une quinzaine d'ingénieurs diplômés contribuant activement à ses innovations.
Depuis 2011, la société a vu son chiffre d'affaires passer de 26,9 à 45 millions d'euros et prévoit une progression de 10 % en 2018, comme en 2017. Enfin, elle va investir 3 millions d'euros cette année pour augmenter de 28% ses capacités de stockage en les portant à 54 000 tonnes.