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Produits laitiers "Naturalité et responsabilité", des arguments commerciaux pour Bel

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Les emballages de certaines marques du portefeuille de Bel vont indiquer que le lait utilisé est issu de vaches nourries sans OGM et qu’elles ont pâturé au moins 150 jours dans l’année. Un changement rendu possible suite à un accord avec l’Association des producteurs Bel Ouest (APBO).

Les fromageries Bel parient de plus en plus sur la RSE. Et elles vont le faire savoir à leurs clients. Ainsi, à partir de janvier, les emballages de certains produits du portefeuille (Mini Babybel, Kiri, Boursin, Cousteron et Port Salut) vont mettre en évidence que le lait utilisé a été produit par des vaches nourries sans OGM et que ces vaches ont passé au moins 150 jours dans les pâturages. Une campagne de communication sera lancée dans les prochaines semaines pour faire connaître ces nouveaux engagements, y compris dans les magasins.

« Nous voulons construire des marques responsables et positives qui répondent aux tendances actuelles de consommation en faveur de la naturalité et de la responsabilité envers les producteurs et l’environnement », explique Jennifer Marquet, directrice générale de Bel France. Bel espère surtout que cette montée en gamme sera prise en compte par les distributeurs. « Les discussions actuelles dans le cadre des négociations commerciales me laissent espérer que les distributeurs nous rejoindront dans cette démarche », déclare Jennifer Marquet.

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Pour tenir cette promesse sur les caractéristiques du lait, Bel a signé fin 2017 un accord avec l’Association des producteurs Bel Ouest (APBO) prévoyant que les 850 producteurs regroupés dans cette organisation de producteurs adaptent leurs méthodes de production. À charge pour Bel de mieux rémunérer les producteurs en achetant le lait plus cher. « L’accord reconduit sur toute l’année 2019 prévoit la garantie d’un prix de référence moyen pour le lait acheté aux producteurs de l’APBO (de 350 euros pour 1 000 litres) », précise Bel, qui ajoute à ce montant une prime de 21 euros les 1 000 litres pour les exigences en matière de pâturage et d’absence d’OGM. L’engagement du prix d’achat est conclu pour une année, ce qui améliore la visibilité des éleveurs jusqu’alors soumis à des prix variant mensuellement. L’accord se traduit par « un investissement majeur pour le groupe », comme le souligne Antoine Fiévet, président du groupe Bel. Soit entre 12 000 et 15 000 euros par exploitation. Au total, l’accord porte sur les 420 millions de litres de lait acheté chaque année par Bel auprès des éleveurs de l’APBO.

La démarche de Bel en faveur de la RSE est appelée à s’amplifier dans les prochains mois, notamment à l’international. Bel s’est aussi lancé en France sur le bio en produisant depuis peu un mini Babybel bio. « C’est une façon de répondre à la demande de réassurance des consommateurs », souligne le président de Bel. « Le groupe Bel est présent dans 10 bassins laitiers dans le monde où nous pouvons prendre des engagements en matière de RSE », déclare-t-il, citant les Açores, où Bel produit un lait issu de vaches profitant des pâturages presque toute l’année. Et le fait savoir aux consommateurs, avec des résultats positifs sur les ventes. Selon les terroirs, le climat et les attentes des consommateurs, les engagements seront différents. Le groupe va ainsi reconduire prochainement son partenariat avec WWF pour une nouvelle période de trois ans. Au printemps dernier, il avait signé avec l’ONG une charte pour une production de lait plus responsable à l’échelle mondiale.