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Ingrédients/Résultats Naturex digère ses acquisitions

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Si Naturex a réalisé une bonne année 2011, avec encore une fois une croissance très soutenue (+ 12,3 % à périmètre et taux de change constants), ses récentes acquisitions pèsent quelque peu sur ses résultats et le groupe reste très prudent sur ses objectifs, même si les tendances de marché restent bonnes, avec notamment un poids croissant des pays émergents.

La présentation des résultats annuels a été l’occasion pour Naturex de faire le point sur ses trois dernières acquisitions : Burgundy (2011), Pektowin et Valentine (2012). « Burgundy est une entreprise de taille modeste qui a mal digéré l’acquisition d’une partie des activités de Cognis et l’entreprise perdait de plus en plus d’argent », a résumé Thierry Lambert, directeur général adjoint de Naturex. Si Burgundy n’est plus source de perte selon lui, grâce notamment à la restructuration des frais de structure, il faudra encore plusieurs mois pour générer des résultats, le temps que la relance commerciale porte ses fruits. Grâce à Burgundy, Naturex a acquis des savoir-faire produits (extraits de pépin de raisin, de réglisse et d’hibiscus) mais aussi deux sites de qualité pharmaceutique (un en France et un en Espagne). L’entreprise, qui devrait dégager 10 M EUR de CA en 2012, a été acquise pour 14,2 M EUR, auxquels il faut ajouter 3 M EUR d’investissements et de coûts annexes.

Pektowin en cours d’intégration
Pektowin, récemment acquis en Pologne, est également déficitaire (ebitda : - 0,5 M EUR en 2011). L’entreprise, qui doit dégager 8 M EUR de CA en 2012 et a été acquise pour 8,2 M EUR, présente un double intérêt : elle permet de doubler les capacités de production de pectine et apporte une production de jus concentré, gamme qui manquait jusqu’ici à Naturex. Une nouvelle ligne de jus concentré va d’ailleurs être installée et 4 M EUR investis. Les activités conserve et vins de fruits, déficitaires et non stratégiques, doivent être arrêtées, et les effectifs revus à la baisse. « Burgundy et Pektowin ne vont pas beaucoup contribuer à la croissance cette année », conclut Thierry Lambert.
Enfin, Valentine, en Inde, est encore une petite activité (2 M EUR de CA prévus en 2012), mais c’est une activité rentable qui « permet de gagner plusieurs années de pénétration commerciale », selon Thierry Lambert, qui souligne aussi l’avantage de devenir un industriel local. Pour l’heure, l’entreprise travaille avec une grosse quinzaine de multinationales de l’agroalimentaire.

2012, année de transition
Au final, Thierry Lambert a qualifié 2012 d’année de « transition ». « La croissance totale va être forte, la croissance organique va demeurer, et la rentabilité opérationnelle ne doit pas être affectée mais il est difficile de donner des chiffres à ce stade », a-t-il expliqué. Le programme d’acquisition, financé notamment par une levée de fonds de 48,8 M EUR en octobre 2011, doit continuer, pour atteindre cinq à six opérations. « Nos grands clients poussent à la concentration dans nos métiers, ils privilégient la qualité et une taille suffisante », a commenté Thierry Lambert, qui s’est également félicité de ce que Naturex est désormais présent dans toutes les zones émergentes.
En 2011, Naturex a réalisé un chiffre d’affaires de 253,6 M EUR, en progression de 12,3 % à périmètre et taux de change constants (+ 12 % en données publiées). La marge opérationnelle courante ressort à 11,9 % (12,1 % en 2010) et le résultat net part du groupe à 15,6 M EUR, en progression 5,5 %. Que ce soit en termes d’activités ou de zones géographiques, la croissance a été relativement homogène (la section food & beverage pèse 60,5 % du chiffre d’affaires).

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