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NBT : le Royaume-Uni autorise un premier essai de blé en plein champ

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Le Royaume-Uni, qui souhaiterait rapidement mettre en place un cadre réglementaire pour autoriser la culture de plantes issues des nouvelles biotechnologies de sélection végétale, vient de donner son feu vert à un essai en plein champ pour du blé modifié par la technique CRISPR.

L’institut Rothamsted Research a annoncé, le 24 août, avoir reçu l’autorisation du ministère britannique de l’Agriculture pour effectuer des essais en plein champ sur du blé génétiquement modifié par la nouvelle technique de sélection CRISPR (NBT). À peine sorti de l’UE, le Royaume-Uni promettait, début 2021, de s’affranchir des restrictions européennes en matière de biotechnologies et d’OGM. Le feu vert qui vient d’être donné à un essai en plein champ sera le premier de ce type en Europe. Le projet prévu pour une durée de cinq ans couvrira une faible surface (1 500 m² environ) et sera hautement contrôlé.

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Il vise à produire du blé non OGM à très faible teneur en asparagine, un acide aminé naturel, qui se transforme en acrylamide (molécule considérée comme probablement cancérigène chez l’homme) lorsque, par exemple, le pain est cuit ou grillé. "Nous pensons que les niveaux d’asparagine peuvent être réduits de manière substantielle dans le blé sans compromettre la qualité du grain", ont indiqué les chercheurs. L’institut de recherche, qui est à l’avant-garde des essais de cultures génétiquement modifiées depuis les années 1990, espère maintenant que la consultation publique lancée en début d’année par le gouvernement britannique sur les nouvelles biotechnologies de sélection végétale débouchera sur une nouvelle législation au Royaume-Uni, qui permettra aux consommateurs de se procurer des produits alimentaires issus de ces techniques. Le centre de recherche de Rothamsted avait déjà lancé il y a quelques années un essai en plein champ sur de la cameline dont la teneur en acide oléique avait été augmentée. Un travail mené en partenariat avec l’Institut français de recherche agronomique.

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L’UE, de son côté, n’en est qu’au stade des réflexions en la matière. Elle considère pour l’instant les variétés issues de ces technologies comme des OGM mais une large consultation publique aura lieu au deuxième trimestre 2022 en vue d’une proposition législative attendue pour le deuxième trimestre de 2023. L’objectif sera de simplifier la procédure d’autorisation de certaines de ces techniques (de mutagénèse et de cisgénèse) pour lesquelles les « profils de risque » sont jugés très similaires à ce qui peut être obtenu par des techniques de sélection conventionnelles. Mais la Commission voudra aussi répondre aux inquiétudes concernant la coexistence avec l’agriculture biologique, l’étiquetage et le droit des consommateurs à l’information et à la liberté de choix.

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