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NBT : malgré les critiques, Bruxelles avance

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Via Campesina dénonce la consultation publique lancée sur les nouvelles techniques de sélection génomique (NBT) qui ne prend pas en compte, selon l’organisation agricole, l’avis des opposants à une dérégulation du cadre européen sur les OGM. Mais la Commission européenne poursuit son travail en vue de présenter une proposition législative à l’été 2023.

Les questions posées dans la consultation de la Commission européenne sur les nouvelles techniques génomiques (NBT) sont orientées et ne permettent pas d’exprimer une opposition à l’initiative de Bruxelles visant à déréguler la réglementation OGM, déplore Via Campesina dans une lettre du 9 juin adressée à cinq commissaires européens – Frans Timmermans (vice-président), Stella Kyriakides (Santé), Virginijus Sinkevičius (Environnement), Janusz Wojciechowski (Agriculture), et Thierry Breton (Marché intérieur). Pourtant, lors de la précédente consultation en septembre 2021, « nous avons catégoriquement refusé tout abandon » du règlement OGM « ainsi qu’une majorité d’autres parties prenantes et plus de 60 000 citoyens. Il semble que la Commission européenne n’ait pas pris en compte cette diversité d’opinions », souligne Via Campesina.

Lire aussi : NBT : la Commission européenne lance une consultation publique

Une accusation dont s’est défendue la responsable de l’unité biotechnologies de la direction générale de la Santé, Irene Sacristan Sanchez, lors d’un échange avec des eurodéputés le 13 juin : « Dès les premières questions nous demandons si la législation doit être modifiée, et il y a des questions ouvertes permettant à tout le monde d’apporter son avis. » Cette consultation en vue de faciliter la mise sur le marché de semences issues de ces NBT a été ouverte le 29 avril (et jusqu’au 22 juillet) et l’exécutif européen devrait soumettre une proposition législative sur ce dossier avant l’été 2023. Ce questionnaire a déjà recueilli 1 000 avis, ce qui montre le grand intérêt qu’il suscite, ajoute-t-elle.

Le coût de l’inaction

Autre critique de Via Campesina : « La question des droits de propriété intellectuelle est mentionnée comme ne faisant pas partie du champ d’investigation des impacts de cette initiative : or, pour le secteur agricole et notamment pour les petits et moyens agriculteurs, cette question est centrale et constitue notre principale préoccupation. »

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Mais certains eurodéputés demandent au contraire à la Commission européenne de presser le pas, estimant que l’échéance de 2023 est déjà trop lointaine pour autoriser ces NBT qu’une partie du secteur agricole attend.

La Commission européenne a lancé, en parallèle, des consultations plus ciblées pour évaluer l’impact sur certains secteurs, notamment « l’agriculture bio ». Irene Sacristan Sanchez indique également que l’étude d’impact évaluera le « coût de l’inaction » pour l’innovation, la compétitivité et la durabilité du secteur agricole. Et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) doit rendre « d’ici deux mois », une évaluation supplémentaire sur les critères à prendre en compte en fonction des techniques.