Martin Williams, ornithologue à Hong Kong, craint l’impact sur le public d’une « diabolisation » des oiseaux sauvages, qui ruinerait les efforts faits pour préserver ces animaux et leurs lieux de rassemblement. Selon lui, la peur d’une pandémie ne doit pas faire perdre leur sang-froid aux autorités.
Le Sud-coréen Nial Moores, président de Birds Korea, met également en garde contre le risque d’un massacre. « Cela pourrait conduire les autorités à abattre par erreur des millions d’oiseaux sauvages inutilement».
Les scientifiques ne s’accordent pas sur les vecteurs de la grippe aviaire mais la plupart ont souligné, sans certitude, que les oiseaux sauvages pourraient transmettre le virus aux volailles lors de leurs migrations.M. Williams assure que cette théorie est réfutée par le simple fait que « la propagation en Asie du H5N1 ne correspond pas aux itinéraires empruntés ni aux périodes migratoires ». Plusieurs experts accusent plutôt la circulation sans entrave des volailles domestiques, voire le commerce illégal des coqs de combat. Selon le chercheur Dennis Alexander, les oiseaux sauvages peuvent, certes, transmettre plusieurs souches de grippes mais ce sont les transports de volailles qui les propagent.