Dans une ambiance tendue, syndicats de salariés et maraîchers nantais retournent à la table des négociations sociales collectives, après que la FNSEA 44 a dénoncé la convention territoriale en octobre 2020.
Dans un communiqué le 21 mars, les syndicats de salariés Fnaf-CGT, FGTA-FO, CFTC-Agri et SNCEA/CFE-CGC dénoncent une attitude « volontairement agressive » des maraîchers de Loire-Atlantique. L’intersyndicale explique avoir décliné, aux côtés de la CFDT, la demande des producteurs de muguet de porter de manière dérogatoire la durée maximale de travail à 60 heures par semaine, en s’appuyant sur des arguments « fondés » au regard des conditions de travail. Mais ce refus d’accéder à la demande des maraîchers-employeurs cache un malaise « bien plus profond » et une situation « bien plus critique », assure-t-elle. Les quatre syndicats déplorent que les maraîchers aient dénoncé, en octobre 2020, la convention collective des entreprises maraîchères de Loire-Atlantique de 2003. Soit, un peu plus d’un mois après que le secteur de la production agricole et des Cuma ont signé la nouvelle convention collective nationale (CCN), en septembre 2020. Par le biais de cette dénonciation, sont tombés des acquis sociaux contenus dans de la convention locale (primes d’ancienneté et de fin d’année, rémunération majorée le dimanche, fériés et la nuit…) alors qu'elle « ne devait nullement être contestée […] et que ses dispositions les plus favorables devaient continuer », assure l’intersyndicale.
Un propos que tient à corriger le secrétaire national de la CFDT Agri-Agro Benoît Delarce. Interrogé le 22 mars, il a expliqué que les maraîchers nantais ont utilisé leur « droit » de dénoncer cette convention, ce qui a pour effet ultime de la rendre caduque y compris les dispositions mieux-disantes. Mais, a-t-il ajouté, une telle dénonciation s’accompagne de « l’obligation » de négocier un nouvel accord local « sur une période d’un an, après préavis de trois mois ». Autrement dit, les maraîchers nantais devaient entamer de nouvelles négociations collectives avant la fin du mois de janvier 2022.
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« Le problème est leur attitude »
Benoît Delarce assure qu’une première réunion de négociation a eu lieu « en janvier » et qu’une autre est prévue fin mars. « [Les maraîchers nantais] ont suivi la procédure à la lettre », a reconnu M. Delarce. « Le problème est leur attitude, car ils ont tout de suite été dans une dénonciation sans vouloir manifestement négocier, ce qui est ennuyeux [au regard du dialogue social] ». Le deuxième round de négociations prévu à la fin du mois a été confirmé par le directeur de la fédération des maraîchers nantais, Antoine Thiberge. « Nous sommes très attachés au dialogue social à niveau départemental », a-t-il confié le 23 mars. A ce jour, d’après Benoît Delarce, les maraîchers nantais sont la seule organisation patronale à avoir dénoncé leur convention collective territoriale, depuis la signature de la CCN.