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Commerce international Négociations Chine/UE sur fond de litiges commerciaux

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La Chine et l’UE ont formellement entamé des discussions sur un accord d’investissement, qui doit leur assurer un meilleur accès réciproque à leurs marchés. Elles ont aussi lancé un programme commun de recherche dans les domaines agricole, alimentaires et des biotechnologies. Ce qui n’empêche pas la persistance de litiges commerciaux, sur le vin par exemple.

«Nous avons accompli une avancée substantielle aujourd’hui avec le lancement des négociations sur un accord d’investissement, couvrant à la fois la protection des investissements et l’accès aux marchés », a déclaré le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, à l’issue du 16e sommet UE-Chine qui s’est tenu le 21 novembre à Pékin.
Le même jour, la Commission de Bruxelles et l’Académie chinoise des sciences agricoles ont signé une lettre d’intention pour une coopération dans le domaine de la recherche et de l’innovation concernant l’alimentation, l’agriculture et les biotechnologies (1). Au programme notamment : l’agriculture durable, le gaspillage alimentaire, l’agriculture urbaine, les nouvelles sources de biomasse.
 
Dossier du vin : « pas impossible à résoudre »
« Je ne crois pas que vous obteniez quoi que ce soit des Chinois en faisant seulement preuve de politesse. Je n’y crois absolument pas, et d’ailleurs, eux non plus n’obtiennent rien de nous en étant seulement polis », a déclaré le 22 novembre à Pékin le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, au lendemain d’un sommet Chine-UE.
La Commission de Bruxelles et les autorités chinoises étaient parvenues fin juillet à un accord provisoire sur le volet antidumping d’une enquête européenne dans le domaine du solaire, mais d’autres dossiers restent en suspens, dont l’enquête antidumping chinoise sur le vin importé de l’UE.
« Imaginez que nous eussions cédé sur le solaire, vous croyez vraiment que nous aurions été récompensés par un traitement de faveur dans le dossier du vin ? », s’est interrogé le commissaire. Il a estimé que l’enquête sur le vin ouverte par Pékin n’était pas « une affaire impossible à résoudre ». « Les Chinois auront beaucoup de mal à prouver qu’il y a du dumping » dans ce domaine, a assuré Karel De Gucht.
 
... mais « pas de réponse extrêmement conclusive »
En visite les 25 et 26 novembre à Pékin, le ministre français de l’économie, Pierre Moscovici, a indiqué avoir abordé avec ses interlocuteurs la question de l’enquête antidumping chinoise sur les vins européens. « J’ai mis sur la table le dossier du vin en disant que, dès lors que l’Union européenne avait fait preuve d’intelligence sur le dossier des panneaux photovoltaïques, nous souhaitions que ce dossier-là puisse être traité de manière également intelligente et flexible d’ici la visite du président Xi Jinping en France » en 2014, a-t-il précisé.
« La réponse n’était pas extrêmement conclusive mais, parfois, il faut dire les choses et elles sont entendues et, ensuite, les décisions et les attitudes peuvent changer », a poursuivi le ministre français lors d’une rencontre avec la presse. « Je pense en tout cas que la partie chinoise aura compris que pour la France c’était un dossier d’une importance significative », a-t-il ajouté.
 
(1) Voir n° 3355 du 18/06/12
(2) Voir n° 3423 du 25/11/13

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