Malgré des premiers efforts de la part de certaines enseignes, le climat commercial général continue de se dégrader pour les industries alimentaires, a indiqué le 9 mars l’Association nationale de l’industrie alimentaire (Ania), dressant un bilan des négociations commerciales 2017. L’Ania « observe que la loi n’est toujours pas appliquée par tous », avec « cette année un comportement inacceptable chez certaines enseignes à conclure honnêtement des accords avec leurs fournisseurs ». La pression déflationniste « se poursuit au détriment de la vitalité des filières » agricoles et agroalimentaires françaises », commente-t-elle.
Elle note que les négociations commerciales 2017 se sont déroulées « dans un climat très particulier », sous une surveillance accrue de la part du gouvernement, de l’administration, des médias et de la justice. Parmi les mauvaises pratiques des enseignes les plus évoquées, figurent, par ordre d’importance : la non-prise en compte de la hausse significative des matières premières agricoles ; et des comportements irrespectueux de certains acheteurs auprès de leurs fournisseurs (pression psychologique, convocation à l’improviste, attente volontairement longue, changement brusque de date ou d’interlocuteur, etc.).
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Réagissant à ce bilan de l’Ania, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a regretté « une vision caricaturale » des négociations commerciales. Elle s’appuie sur le dernier comité de suivi des négociations, présidé le 9 février par les ministres Sapin et Le Foll, qui avait montré, « de l'avis général des participants, que ces négociations s'étaient globalement déroulées dans de bonnes conditions, grâce notamment à la charte mise en place par la FCD, pour des négociations respectueuses et plus apaisées ». Pour la FCD une telle communication « semble faite avant tout pour faire oublier que les industriels refusent toute transparence dans les négociations avec les distributeurs, en n'appliquant volontairement pas la loi Sapin 2 ».