Les élus du bureau de l’APCA demandent au gouvernement de relancer le dialogue en amont des négociations commerciales avec la grande distribution. Ils ont par ailleurs exprimé leurs inquiétudes sur l’état de santé des exploitations au sortir de la sécheresse.
Le président de l’APCA, Claude Cochonneau, s’est inquiété en conférence de presse de rentrée le 5 septembre, que « rien n’ait changé par rapport à l’an passé à la veille de la reprise des négociations commerciales » entre les entreprises de l’alimentaire et la grande distribution. « Le ministre de l’Agriculture fait le tour des filières en ce moment. Celles-ci se sont mises en ordre de marche, mais nous demandons aux membres du gouvernement : et vous, qu’avez-vous fait ? » Claude Cochonneau demande au gouvernement d’organiser une rencontre entre les signataires de la charte de 2017. « Nous nous étions pratiquement embrassés sur la bouche l’an passé ! Il faut ranimer la flamme et rappeler les industries et la grande distribution à notre bon souvenir », a-t-il lancé.
Les membres du bureau de l’APCA se sont dits inquiets de la situation des exploitations agricoles après les nombreux aléas climatiques qui se sont succédé. « Le changement climatique, certains en parlent, nous, nous le vivons », a résumé André Bernard qui a rappelé que les éleveurs sont particulièrement touchés et doivent acheter du fourrage en Espagne qui a multiplié sa capacité de stockage de l’eau par dix en 40 ans. L’APCA réclame, avec l’arrivée du nouveau ministre de l’Écologie, François de Rugy, d’avancer sur le dossier du stockage de l’eau dont « de nombreux rapports ont montré la pertinence », a souligné Pascal Ferrey.
Besoins de crédit sur Ecophyto
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François de Rugy devra aussi s’emparer du dossier Ecophyto. Sur ce point, l’APCA est sur la même ligne que la FNSEA : « C’est une mauvaise idée de réduire les crédits sur les formations Certiphyto et il faut plus de moyens sur Ecophyto, en particulier pour vulgariser les résultats d’expérimentations obtenus sur les fermes Déphy », explique le président qui insiste sur le fait que les exploitations sont dans «une situation de fragilité qui incite à la prudence». «On ne peut pas faire changer radicalement de système. Il faut le faire évoluer progressivement.»
Sébastien Windsor, en charge de la R&D, précise que les chambres d’agriculture mettent en place des essais qui ont pour but de prendre en compte la globalité de l’exploitation « avec des rotations longues, des associations de cultures, une réduction drastique de l’azote…" « Nous déplorons la baisse des crédits sur Ecophyto, car il sera plus complexe de diffuser les informations au plus grand nombre », insiste-t-il.