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Négociations commerciales : les distributeurs pointent l’absence d’indicateurs

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Point clé de l’inversion de la construction des prix désormais en marche avant comme le prévoit la loi Egalim, les indicateurs de coûts de production manquent encore à l’appel pour les négociations commerciales 2021.

« Il y a une faible minorité de projet de contrats [envoyés par les industriels aux distributeurs dans le cadre des négociations commerciales annuelles en cours] qui comportent des indicateurs », regrette Jacques Creyssel, délégué général de la fédération du commerce et de la distribution (FCD) lors d’un entretien à Agra Presse le 2 février. « Très souvent, il n’y en a pas ou alors il y a une liste d’indicateurs mais aucune explication sur comment les utiliser […] À tel point que certaines enseignes ont dû demander à leurs fournisseurs de compléter leur proposition ».

Alors que la loi Egalim prévoit la construction des prix en marche avant en partant des coûts de production agricole, les distributeurs pointent le manque de transparence des industriels. « Il n’y a pas de négociations de premier niveau entre les agriculteurs et les industriels », déplore Jacques Creyssel. De ce fait, il assure que les distributeurs n’ont pas, en cas de hausse de tarif, la vision de ce qui redescend dans les cours de fermes.

Des indicateurs pas toujours pertinents

Du côté des industriels, on convient que toutes conditions générales de vente (CGV) envoyées aux distributeurs pour amorcer les négociations ne font pas référence à des indicateurs. « À l’Ilec, nous estimons que 60 % de nos adhérents ont fourni des indicateurs de coûts, avec des niveaux de précision variable », concède Richard Panquiault, directeur général de l’Ilec (grandes marques).

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« L’immense majorité des produits alimentaires sont transformés, développe Catherine Chapalain, directrice générale de l’Ania (industries agroalimentaires). Il n’y a pas forcément d’indicateurs pour ces produits, ou alors ils ne sont pas pertinents face à la grande hétérogénéité des entreprises ».

Au delà de la complexité des recettes des produits alimentaires, les industriels mettent en avant l'absence d'indicateurs interprofessionnels dans certaines filières. « Pour les produits laitiers ou à base de viande, les interprofessions ont travaillé sur des indicateurs. Et dans ces secteurs, les contrats font bien référence aux indicateurs interprofessionnels », assure Catherine Chapalain.

Par contre, « certaines interprofessions ne sont pas avancées sur le sujet. Il y a un manque de structuration de certaines filières », soutient pour sa part Richard Panquiault. « Prendre l’absence d’indicateurs pour justifier une non-hausse des tarifs c’est fallacieux », lâche-t-il assurant que les discussions bilatérales entre les deux parties servent aussi à expliquer et objectiver les demandes de hausses.

« À tel point que certaines enseignes ont dû demander à leurs fournisseurs de compléter leur proposition »