Abonné

Négociations commerciales : vers une commission d’enquête parlementaire

- - 4 min

Une commission d’enquête parlementaire doit voir le jour pour enquêter sur « le rôle et l’influence des centrales d’achat et de la grande distribution » dans ces négociations.

À l’Assemblée nationale, les groupes parlementaires La République en marche (LaRem) et UDI-Agir annoncent, dans un communiqué le 25 février, qu’ils déposeront dans les prochains jours une proposition de résolution portant création d’une commission d’enquête sur « le rôle et l’influence des centrales d’achat et de la grande distribution dans les négociations commerciales ». Cette annonce fait suite à une demande exprimée quelques jours plus tôt par les députés UDI-Agir. Les députés remarquent que, malgré l’adoption de la loi Egalim à l’automne, « la pression exercée par certains acteurs de la grande distribution et les centrales d’achat semble persister aux dépens des agriculteurs ». Dans ce cadre, ils estiment que « c’est le rôle de la représentation nationale de mener un travail d’investigation pour assurer aux agriculteurs une juste rémunération de leur travail ». Lors de la signature du préambule du Contrat de solutions (FNSEA, et 43 partenaires), le ministre de l’Agriculture a évoqué un signal « très fort » donné par les parlementaires, rappelant que les personnes convoquées par les parlementaires témoigneraient « sous serment ». Il a appelé à une « transparence totale ».

La FNPL dénonce le manque de transparence

Une annonce qui intervient après l’annonce, quelques jours auparavant, de la création prochaine d’un observatoire des négociations commerciales, sous l’égide du médiateur des relations commerciales, qui devrait fournir une synthèse fiable et partagée de l’exercice.

Durant le Salon de l’agriculture, le maillon production a continué de déplorer les conditions dans lesquelles se déroulent ces négociations. « Nous ne connaissons pas les volumes et les produits concernés par les accords signés entre les industriels et les distributeurs », déplore Marié-Thérèse Bonneau, première vice-présidente de la FNPL (éleveurs laitiers) lors d’une conférence de presse le 25 février. Le syndicat pointe le manque de transparence des communications des opérateurs, et constate qu’« il n’y a pas d’obligation d’améliorer le revenu des agriculteurs ». « Pour le moment, le producteur n’a pas vu grand-chose », observe Thierry Roquefeuil, président de la FNPL. Il rappelle que ces accords doivent être une première étape, qui perdure au-delà de l’amélioration de la conjoncture. « Il faut que le dispositif soit pérenne. À la FNPL, nous serons les garants des EGA », avertit-il.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

grande distribution
Suivi
Suivre
distribution
Suivi
Suivre

Les syndicats de grandes cultures s’inquiètent

De leur côté, les JA, la FNSEA et ses associations spécialisées en grandes cultures ont affiché le 26 février leur inquiétude. « Les discussions tarifaires sur les prix des produits transformés issues des filières végétales […] ne font l’objet d’aucune revalorisation notable », selon un communiqué signé par l’AGPB, l’AGPM, la CGB, la Fop, notant de surcroît « une forte pression de la part des distributeurs pour les inscrire dans une tendance baissière ». « De telles pratiques vont inexorablement conduire à accentuer les difficultés que traversent actuellement des milliers d’exploitations de grandes cultures », soulignent les organisations. Et de juger « illusoire de vouloir renforcer l’organisation économique des producteurs, conforter la montée en gamme de l’agriculture française et encourager la juste répartition de la valeur ajoutée » dans de telles conditions.

« Pour le moment le producteur n’a pas vu grand-chose », observe Thierry Roquefeuil