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Négociations TTIP : Bruxelles renoncerait à autoriser le « poulet javel »

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La Commission européenne pourrait retirer sa proposition d’autoriser le recours à l’acide peracétique pour la décontamination des carcasses de volailles. Cette demande venait des États-Unis avec lesquels l’UE est en train de négocier un accord de libre-échange. Mais Bruxelles semble faire machine arrière.

La Commission européenne pourrait abandonner son idée d’autoriser le recours à l’acide peracétique pour la décontamination des carcasses de volailles (1). Cette proposition, faite en décembre 2015 dans le cadre de la stratégie de lutte contre la bactérie Campylobacter, avait en réalité pour objectif de permettre les importations de poulets en provenance des États-Unis, qui utilisent massivement ce moyen de décontamination ('"poulet à la javel"), alors que Bruxelles est en train de négocier un accord de libre-échange transatlantique (2). C’est d’ailleurs une des principales exigences des États-Unis en matière de barrières sanitaires et phytosanitaires à lever dans le cadre de ces discussions.

L’UE avait déjà autorisé en 2013 l’usage de l’acide lactique pour le traitement des carcasses de bovins en signe de bonne volonté au moment d’entamer ces discussions (3).

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait donné son feu vert à l’utilisation en Europe de l’acide peracétique en mars 2014, estimant que ce produit ne présentait aucun problème de toxicité. Mais de nombreuses voix, en particulier les associations de consommateurs, soulignent que le traitement des carcasses de poulets par des bains de solution chimique n’est pas en accord avec la conception européenne de la sûreté alimentaire « de la fourche à la fourchette » basée sur une maîtrise des contaminants tout au long de la chaîne de production.

Selon les dernières données de l’Efsa, la campylobactériose est la maladie d’origine alimentaire la plus fréquemment signalée dans l’UE depuis 2005 avec 236 851 cas confirmés en 2104, en augmentation de 10 % par rapport à 2013.

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Les organisation et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) se montrent moins catégoriques. Si elles défendent l’approche européenne préventive, elles estiment néanmoins que l’autorisation de l’usage de l’acide péracétique représente aussi une option.

« Cette autorisation sera toujours considérée comme un instrument supplémentaire et exceptionnel. Il ne sera permis d’y avoir recours qu’en adoptant une approche intégrée de la fourche à la fourchette et à l’aide de systèmes de contrôles efficaces, tout en restant sujet à certaines conditions d’utilisation strictes », indique un document de réflexion. Mais seul le traitement des carcasses (et non des découpes) devrait être permis, s’accompagnant de conditions claires d’application pour les importations en vue de garantir des conditions équitables.

(1) Voir n° 3525-3526 du 21/12/2015

(2) Voir même numéro

(3) Voir n° 3385 du 11/02/2013