Abonné

Négociations UE/Mercosur : Bruxelles « résolue à conclure avant les élections européennes », mais…

- - 3 min

La commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström espère toujours conclure les négociations de libre-échange avec le Mercosur, avant les élections européennes de mai prochain, précise-t-elle. Mais, outre les divergences persistantes entre les deux parties, la volonté du président brésilien élu Jair Bolsonaro de réformer le bloc sud-américain rend un accord encore plus hypothétique.

Alors que la dernière session des négociations entre l’UE et le Mercosur, du 12 au 16 novembre à Bruxelles, ne semble pas avoir permis de beaucoup progresser, Cecilia Malmström assure, dans sa réponse datée du 19 novembre à une question parlementaire, que la Commission européenne reste « pleinement résolue à conclure un accord ambitieux, équilibré et durable (avec le bloc sud-américain) avant les prochaines élections européennes » en mai prochain. « Le texte de l’accord est maintenant presque complet et des progrès ont été réalisés sur l’accès au marché à la fois pour les biens et les services », affirme la commissaire au commerce. « Nous sommes dans la phase finale des négociations, mais certaines questions restent ouvertes », reconnaît-elle, citant une nouvelle fois « l’accès au marché pour les automobiles et les pièces détachées, les produits laitiers, les services maritimes, et la protection adéquate des indications géographiques de l’UE ».

« Intérêts sectoriels »

Selon l’auteur de la question parlementaire, Francisco Assis, socialiste portugais, président de la Délégation de l’Assemblée pour les relations avec le Mercosur, « si dans le passé le manque de progrès (dans les négociations) était surtout dû au protectionnisme de certains pays du bloc sud-américain, c’est maintenant l’UE qui semble faire preuve d’une plus forte résistance et céder à des intérêts sectoriels ».

« Les nets efforts faits par le Mercosur pour s’aligner sur les attentes initiales de l’UE n’ont pas été payés en retour par l’UE », estime l’eurodéputé. Dans ces conditions, ajoute-t-il, « il y a un risque réel que le Mercosur perde de l’intérêt pour un accord avec l’UE et se tourne plutôt vers des accords commerciaux avec d’autres régions comme le Canada et la Chine ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

élections
Suivi
Suivre
Commission européenne
Suivi
Suivre

Le futur gouvernement brésilien veut réformer le bloc sud-américain

Le Brésil souhaite une révision des accords régissant le Mercosur et pourrait même quitter le bloc régional après l’entrée en fonction du gouvernement de Jair Bolsonaro s’il n’est pas satisfait, a déclaré le 21 novembre la future ministre de l’agriculture, Tereza Cristina. « Le Brésil tentera de renforcer le Mercosur, de dire ce qu’il veut dire » et pourrait « dans un cas extrême, se retirer », a-t-elle affirmé au quotidien O Globo. « Cela ne peut pas continuer ainsi, c’est désavantageux pour nous », a dit la députée, qui dirige le puissant lobby de l’agrobusiness à la Chambre. Elle a donné l’exemple des produits comme le lait ou le riz qui, selon elle, inondent le Brésil au détriment de ses petits producteurs.

« Le moment est venu de nous asseoir autour d’une table et de réviser le Mercosur […] pour obtenir un accord plus moderne et meilleur », a insisté Tereza Cristina.