Alors que les négociateurs de l’UE et du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) poursuivent leurs efforts sur le plan technique, le ministre français de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a assuré le 19 mars à Buenos Aires, en marge d’une réunion du G20, que ces pourparlers pour la conclusion d’un accord de libre-échange « sont bloqués pour différentes raisons ». « Nous attendons la décision des pays sud-américains », a-t-il dit, ajoutant : « Vous ne pouvez pas expliquer à un producteur qu’il doit se conformer aux règles très contraignantes en Allemagne, France, Espagne ou Italie, et que nous allons (importer) exactement le même bien qui n’aura pas été produit de la même manière sur un autre continent ».
De son côté, le ministre espagnol de l’économie, de l’industrie et de la compétitivité, Roman Escolano, a estimé que les discussions progressent vers une conclusion « dans quelques semaines ou mois ».
De source européenne, on confirme que la résistance du Mercosur aux propositions de l’UE sur les exportations automobiles et les indications géographiques protégées restent des points de friction.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Dans une lettre adressée le 19 mars à la commissaire européen au commerce Cecilia Malmström, les betteraviers (Cibe), producteurs de sucre (CEFS) et syndicats de l’agroalimentaire (Effat) de l’UE disent « avoir compris que la Commission a offert au Mercosur une contingent tarifaire annuel de 100 000 tonnes de sucre au droit de 98 €/t », une « quantité substantielle qui est plus élevée que la production annuelle de certaines usines ». Ils constatent que les négociateurs européens « ont résisté jusqu’à présent aux pressions pour réduire ce droit en dessous de 98 €/t », taux appliqué aujourd’hui à l’intérieur du quota tarifaire OMC du Brésil et « essentiel pour éviter des dommages au secteur dans les discussions en cours ».
La Cibe, le CEFS et l’Effat demandent donc à la Commission et aux États membres de « rester fermes dans le soutien au droit de 98 €/t ».