Dans le cadre des négociations commerciales en cours entre l’UE, d’une part, et la Nouvelle-Zélande et l’Australie, d’autre part, la commission de l’agriculture du Parlement européen a invité la commission du commerce international, compétente au fond, à incorporer dans ses futures propositions de résolutions une série de recommandations qui insistent sur la nécessité de préserver les secteurs vulnérables de l’agriculture européenne.
En ce qui concerne l’accord de libre-échange qui est négocié avec la Nouvelle-Zélande, la commission de l’agriculture (Comagri) demande à la commission du commerce international d’inclure dans sa résolution le respect des sensibilités des secteurs vulnérables de l’agriculture européenne, notamment ceux des produits laitiers et de la viande ovine et caprine. Elle invite la Commission européenne à garantir des conditions de concurrence équitables, en considérant comme sensibles les produits pour lesquels une concurrence directe exercerait une pression excessive ou insupportable sur les producteurs agricoles de l’UE, par exemple en instaurant pour les secteurs les plus sensibles des périodes de transition ou des quotas appropriés, ou carrément en s’abstenant de prendre des engagements. La Comagri souligne aussi l’importance de reconnaître le système des indications géographiques en tant que composante essentielle des intérêts européens. Elle rappelle que le secteur agricole de la Nouvelle-Zélande est très compétitif et fortement tourné vers l’exportation et qu’il est unique de par son exposition aux marchés internationaux en raison d’un faible niveau d’aide à l’agriculture. Elle rappelle que plusieurs secteurs agricoles sensibles dans l’UE (produits laitiers, viande ovine et caprine) ont ressenti les répercussions négatives de l’actuel embargo russe et de l’extrême volatilité des prix. Elle demande à la Commission européenne de mener à bien, dans les meilleurs délais, ses analyses sur l’impact potentiel d’un accord de libre-échange UE-Nouvelle-Zélande, afin de pouvoir évaluer entièrement les éventuels avantages et inconvénients d’un tel accord commercial pour les producteurs européens. La Comagri presse enfin la Commission européenne de s’engager de manière pleinement transparente, opportune et globale avec tous les acteurs du secteur agricole sur l’ensemble des aspects des négociations, et demande que la commission de l’agriculture soit informée de l’évolution de la situation dans son domaine de compétences.
En Australie, un marché restreint
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En ce qui concerne le futur accord avec l’Australie, la Comagri rappelle que ce pays dispose d’un secteur agricole très compétitif et fortement orienté vers l’exportation. Et qu’à ce titre, un accès accru au vaste marché de l’UE par l’élimination ou la réduction des barrières tarifaires et non tarifaires dans ce secteur sera sans doute l’une des priorités australiennes.
Elle souligne qu’à l’inverse, le marché australien est relativement restreint pour les exportateurs européens de produits agricoles. Elle met en garde, de ce fait, contre le risque d’un fort déséquilibre de l’accord dans le secteur agricole au détriment de l’UE et contre la tentation de se servir une nouvelle fois de l’agriculture comme monnaie d’échange pour un accès accru au marché australien pour les produits industriels et les services. Elle attire aussi l’attention sur la grande sensibilité de certains secteurs agricoles européens, tels que ceux de la viande bovine, de la viande ovine, du sucre, des céréales et des produits laitiers. Elle considère que, pour les produits agricoles les plus sensibles, comme les viandes bovine et ovine et les sucres spéciaux, l’UE doit s’abstenir de prendre quelque engagement que ce soit. Elle rappelle que tous les contingents tarifaires qui pourraient être accordés à l’Australie auront vocation, à l’issue du Brexit, à s’appliquer à un marché communautaire réduit à 27 et qu’il conviendra dès lors d’en tenir soigneusement compte dans le calibrage des offres de l’UE. La Comagri reconnaît enfin l’intérêt pour l’UE d’un accord avec l’Australie concernant la réduction des barrières tarifaires pour certains produits agricoles transformés, l’allégement des contrôles sanitaires excessifs et la protection efficace des indications géographiques.