A défaut de pluies abondantes d’ici mars, l’année 2006 pourrait être historique en matière de sécheresse, a déclaré le 5 janvier la ministre de l’Ecologie Nelly Olin. Les agriculteurs sont appelés à tenir compte de la situation dans le choix des cultures qui seront plantées au printemps, et donc dans leurs achats de semences.
La ministre de l’Ecologie sonne le branle-bas de combat face à la sécheresse qui s’annonce. Il manque 30 à 50% des pluies sur une large partie du territoire et « même s’il pleuvait de manière régulière, on n’attendrait pas le niveau maximum » de remplissage des nappes phréatiques, a-t-elle déclaré le 5 janvier à l’issue de la réunion du Comité national de l’eau, une structure consultative réunissant les principaux acteurs de l’eau.
Comité sécheresse
La ministre a indiqué qu’elle avait demandé aux préfets de réunir d’ici la fin janvier leur comité sécheresse pour faire un point de la situation, en préalable à la réunion du comité national le 14 février prochain. A l’issue, seront prises « les mesures qui s’imposeront ». Des mesures plus draconiennes pourraient être prises début avril selon l’évolution de la situation. La ministre n’a pas exclu que des coupures d’eau potable soient décidées pendant la journée dans certaines villes.
Côté agriculture, Nelly Olin a jugé qu’il était « important» que les agriculteurs « tiennent compte de la situation actuelle dans le choix des cultures qui seront implantées au printemps. Il ne s’agit pas de faire de la morale, mais de faire de la pédagogie et de l’information », a expliqué la ministre. Loin de jeter la pierre aux monde agricole – et aux maïsculteurs en particulier –, la ministre de l’Ecologie a déclaré qu’elle n’était « pas là pour donner des instructions» et a tenu à saluer la mobilisation des agriculteurs lors de la sécheresse de l’été dernier. « Le monde agricole travaille beaucoup et les agriculteurs seront les premiers à prendre conscience de la situation » pour « prendre les mesures qui s’imposent », a t-elle insisté.
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Le directeur de l’Eau au ministère de l’Ecologie, Pascal Berteau, n’a pas caché que – si la sécheresse se confirme –, des mesures de restriction plus précoces et plus étalées dans l’espace pourraient être adoptées au niveau local.
Vertes critiques
Réagissant dans la foulée, les Verts ont estimé que « une fois encore, c’est le consommateur privé qui est pointé du doigt. Les coupures d’eau annoncées à contre-cœur – qui interviendront d’ailleurs très prochainement dans certaines communes de Poitou-Charente – ne sont que la conséquence de l’inaction du gouvernement dans la maîtrise de la consommation agricole et industrielle », estime Yann Wehrling, le secrétaire national des Verts. Les écologistes demandent au gouvernement de réduire de 75% au moins les irrigations de cultures céréalières, et interdire le maïs irrigué dans les régions les plus touchées ainsi que les arrosages de printemps.