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Neoplants lance une plante OGM aux super-pouvoirs dépolluants

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Neoplants a mis au point une nouvelle variété de pothos. Crédits : © Neoplants/Antoine Guilloteau

  La start-up française Neoplants a mis au point une plante capable de dégrader les principaux composés organiques volatils (COV), des substances cancérigènes ou toxiques pour les humains présentes dans nos intérieurs. La commercialisation est prévue cette année aux Etats-Unis.

Les plantes dépolluantes pour les logements sont déjà bien connues, comme les Chlorophytum comosum, Spathiphyllum (ou fleurs de Lune) ou Dracaena trifasciata (ou langues de belle-mère), mais leurs effets sont souvent très limités. « Il faudrait 20 ou 30 plantes pour avoir un réel effet dépolluant dans une pièce de la taille d’une chambre », souligne Lionel Mora, cofondateur de la start-up française Neoplants. D’où son idée de mettre au point une plante qui, avec un seul pied, peut réellement débarrasser une pièce de ses polluants toxiques ou cancérigènes pour l’homme. « Notre plante Neo P1 est capable de dégrader quatre composés organiques volatils courants que sont le formaldéhyde, le benzène, le toluène et le xylène, présents par l’intermédiaire des peintures, des solvants utilisés pour les meubles ou encore des produits d’entretien », poursuit-il.

Pour parvenir à créer cette nouvelle variété de Pothos (ou Epipremnum aureum) aux super-pouvoirs dépolluants, 4 ans de recherche et développement ont été nécessaires, sanctionnés par un brevet en cours d’instruction aux Etats-Unis. « La combinaison d’une plante génétiquement modifiée et d’un microbiome que nous ajoutons au terreau nous permet d’obtenir cette capacité à dégrader les quatre composés organiques volatils en sucre, en eau et en oxygène », détaille Lionel Mora. Et une fois la plante-mère obtenue au sein du laboratoire de synthèse végétale de Neoplants à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), celle-ci est transmise à un prestataire chargé de la production.

Bientôt vendue aux Etats-Unis

La plante Neo P1, dévoilée à la fin de 2022, n’est plus très loin de son lancement commercial, qui devrait intervenir avec « les premières livraisons prévues pour la fin 2023 ou le début 2024 », sachant qu’une phase de précommandes doit être lancée « d’ici quelques mois ». Ces différentes étapes qu’il reste à franchir sont soumises à l’approbation des autorités américaines de l’USDA dont le feu vert est espéré par Lionel Mora d’ici septembre 2023. Car Neoplants a fait le choix d’un lancement commercial aux Etats-Unis en raison d’une réglementation plus favorable à son innovation. C’est pourquoi le prestataire chargé de la production est installé outre-Atlantique.

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Après le lancement de Neo P1, Lionel Mora prévoit d’amplifier ses recherches pour mettre au point des plantes capables d’éliminer d’autres polluants que ceux visés initialement. « Nous pourrions développer des plantes capables de capter et de séquestrer le Co2 en extérieur à très grande échelle, ce qui pourrait intéresser des Etats ou des professionnels, mais cela est très complexe techniquement », indique Lionel Mora.

Une trentaine de salariés travaillent sur Neo P1 et le développement d’autres végétaux au sein du laboratoire de Saint-Ouen, qui devraient être rejoint par une dizaine de collaborateurs supplémentaire au cours de 2023. La société a mobilisé plus de 20 millions d’euros au cours de plusieurs levée de fonds depuis son lancement en 2018, mais ses deux associés fondateurs Lionel Mora et Patrick Torbey conservent le contrôle du capital.