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Neopouss vise la Lune pour mieux valoriser ses micro-pousses

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Nicolas Auriac et Quentin Jeandel, cofondateurs de Neopouss. Crédits : © Neopouss

La start-up toulousaine intègre l’incubateur TechTheMoon pour appuyer ses recherches afin de concevoir des ingrédients capables de s’intégrer dans les plats des futurs astronautes. Depuis son lancement, elle développe la culture des micro-pousses en atmosphère contrôlée en se basant sur la low-tech.

Si les cultures de salades ou de légumes en atmosphère contrôlée se révèlent complexes à rentabiliser face au coût croissant de l’énergie, les micro-pousses à forte valeur ajoutée pourraient être plus adaptées. C’est ce que veut prouver la start-up Neopouss, qui a installé son centre de production en sous-sol, dans le centre de Toulouse. « Nous avons mis au point une ferme verticale low tech, installée en sous-sol pour éviter de chauffer ou climatiser grâce à l’inertie naturelle », explique Nicolas Auriac, cofondateur de Neopouss aux côtés de Quentin Jeandel.

L’équipement mis en place est présenté comme low-tech, donc relativement facile à installer, ne nécessitant pas de machines complexes ou coûteuses, et n’est pas non plus connecté. « Nous avons par exemple utilisé des ventilateurs d’ordinateurs », souligne Nicolas Auriac. L’équipement est donc économe en énergie, de l’ordre de 2 euros par jours pour 500 cups (contenants de 10x15 cm), selon la société, qui annonce une consommation de son équipement de 500 watts par heure, fonctionnant 18 heures par jour. Neopouss se veut économe aussi sur d’autres étapes du cycle de vie de ses produits en ne livrant que des clients proches de son lieu d’exploitation. Le coût et l’impact environnemental du transport sont ainsi limités.

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Déshydrater pour ne pas gaspiller

Du côté des ventes, la société cultive des micro-pousses à forte valeur ajoutée : des plantes peu communes, riches en goûts originaux et concentrées en nutriments, qui intéressent les restaurateurs haut-de-gamme. Ces plantes, toujours cultivées en atmosphère contrôlée à cause de leur fragilité, n’entrent donc pas en concurrence avec des végétaux de plein champ ou de serres. Depuis les premières ventes effectuées en janvier 2022, la production est montée en volume pour atteindre actuellement 600 cups par semaine pour un chiffre d’affaires de 2000 euros sur cette même période.

« Nous avons été confrontés depuis le départ à des difficultés d’adéquation entre la production et les ventes, ce qui nous a amené à réfléchir à une façon de conserver notre production dans le temps pour éviter les pertes », indique Nicolas Auriac. La société a commencé à déshydrater ses micro-pousses, une solution adaptée pour conserver le goût et les nutriments. « C’est ainsi que nous pouvons désormais envisager de commercialiser nos produits de façon différée, sous une forme facile à utiliser et auprès de clients plus éloignés qu’aujourd’hui. La déshydratation nous permet aussi d’ouvrir de nouveaux débouchés vers la santé et les compléments alimentaires », poursuit-il. C’est ainsi que les cofondateurs ont eu l’idée de postuler à l’appel à projet Tech The Moon, accompagné par l’incubateur Nubbo et le Cnes. Il vise à mettre au point des ingrédients pouvant s’intégrer dans les recettes consommées par les futurs astronautes, dont ceux envisageant de se rendre sur le Lune, comme la Nasa prévoit de le faire avec son programme Artemis d'ici la fin de la décennie.