Le groupe Nestlé, numéro un mondial de l’alimentation, a publié des résultats 2010 très satisfaisants. Non seulement le groupe suisse a dégagé « un bénéfice net extraordinaire » de 34,2 milliards de francs suisses incluant la cession d’Alcon pour 24,5 milliards, mais son chiffre d’affaires a aussi connu une belle croissance (de +6,2 %) à 104,61 milliards de francs suisses (80,8 milliards d’euros) et sa marge EBIT s’est améliorée à 13,4 %. Pour l’année 2011, Nestlé se dit bien placé pour faire face aux incertitudes, parmi lesquelles la volatilité des prix des matières premières. Ses coûts de production vont croître fortement en 2011, reconnaît le fabricant de Nescafé et des produits Gerber mais il prévoit de réduire encore ses propres frais internes et d’augmenter ses tarifs pour compenser les hausses des frais externes. Nestlé compte sur les marchés émergents, qui ont progressé de 11,5% en 2010, pour couvrir l’augmentation des prix du lait, du cacao, du café, du sucre et des céréales. « Nous sommes donc confiants de pouvoir réaliser en 2011 le modèle Nestlé, soit une croissance organique entre 5% et 6% et une amélioration de la marge EBIT à taux de change constants », a indiqué l’administrateur délégué Paul Bulcke.
En 2010 les activités Alimentation et Boissons du groupe Nestlé ont enregistré une bonne croissance, gagnant des parts de marché dans toutes les catégories et toutes les régions. Les marchés émergents ont vu leur croissance organique s’élever à 11,5 %, ce qui souligne le rôle toujours plus important qu’ils joueront à l’avenir. La croissance organique de ces activités (devenues l’essentiel pour Nestlé depuis la cession à Novartis de ses 52 % dans Alcon) s’est montée à 5,7% dans les Amériques, 3,7 % en Europe et 10,2 % dans la zone Asie-Océanie-Afrique. Sur ses piliers de croissance, le groupe a renforcé la distribution des produits à positionnement populaire (PPP) et également celle des produits haut de gamme à la fois dans les pays émergents et développés, l’accent étant mis sur leur valeur nutritionnelle, sur l’expansion du marché de la restauration hors-foyer, sur l’innovation et l’augmentation des dépenses en marketing consommateur. Ses meilleures marges ont été dégagées en Asie-Océanie-Afrique, ainsi qu’aux Amériques où elles ont toutefois été en repli par rapport à l’année précédente. Sur l’ensemble de ses activités, Nestlé a donc amélioré sa croissance organique, qui est passée de +4,1 % en 2009 à +6 % l’an dernier, et la croissance interne réelle a bondi à +4,6 %, au lieu de +1,9 %. Cependant, le bénéfice net des activités poursuivies a légèrement reculé à 8,77 milliards de francs suisses. De son côté, le résultat opérationnel des activités poursuivies s’est établi à 14,04 milliards et la marge EBIT s’est améliorée de 30 points de base à 13,4 %.
Croissance dans toutes les régions et catégories
Plus remarquable, cette progression de la marge a pu être réalisée alors que les dépenses marketing ont augmenté de 100 points de base, soit une progression de 13,2 % à taux de change constants. La profitabilité a en fait bénéficié de la croissance des ventes et du business mix, des gains d’efficacité opérationnelle (plus de 1,5 milliard de francs suisses au travers du plan d’excellence du groupe) permettant à Nestlé de réduire le coût de ses produits vendus de 40 points de base. Les économies réalisées, la stratégie d’achat et l’effet de levier de la croissance ont plus que compensé la pression des coûts, notamment de matières premières, qui a été plus forte au second semestre. Le groupe a ainsi amélioré sa performance environnementale dans des domaines comme l’énergie, l’eau et l’utilisation des emballages. Il a aussi réduit ses coûts administratifs de 70 points de base et ses coûts de distribution de 20 points, ceci surtout dans les activités où la distribution est plus intensive, comme Nestlé Waters et les Glaces. Au vu des bénéfices tirés de ces efforts et vu la croissance qu’il compte encore obtenir dans les marchés émergents, le groupe pense pouvoir couvrir cette année les hausses de coûts de production.
L’Europe redémarre plus lentement
De ses trois zones d’activité, ce sont les pays émergents qui, en 2010, ont été les plus bénéfiques au groupe Nestlé. Certes, c’est dans la zone Amériques qu’il a réalisé le plus gros chiffre d’affaires, 34,3 milliards de francs suisses, avec une croissance organique de 5,9%, mais sa marge EBIT y a été en baisse de -30 points de base à 16,5%. Une baisse imputable à la hausse des investissements dans les marques, dans la distribution et l’innovation que n’ont pas suffisamment compensés les gains en efficacité opérationnelle.
En Amérique du Nord, les produits pour animaux de compagnie Purina ont augmenté leurs parts de marché et réalisé une croissance dans tous les segments, et même à deux chiffres pour les snacks. Le chocolat a également connu une bonne année, soutenu par les activités saisonnières. Les plats préparés congelés (surtout Lean Cuisine), ont continué de souffrir de la faiblesse de la consommation ; les activités de pizza (ex-Kraft), détenues pour la première année, ont été sur une tendance positive, DiGiorno progressant en parts de marché, de même que les glaces malgré un marché concurrentiel (croissances à deux chiffres des marques Skinny Cow et Nestlé Drumstick). Le café soluble a aussi connu une bonne année, toujours avec Nescafé Clásico comme principal moteur de croissance.
L’Amérique Latine a été en croissance à deux chiffres, surtout le Brésil pour toutes les catégories et avant tout les produits laitiers. Au Mexique, le café soluble, le chocolat et les boissons en poudre ont fait les meilleurs scores. Globalement dans la région, toutes les catégories ont été en croissance, et même à deux chiffres pour les produits laitiers, le chocolat et le café soluble.
En Europe, Nestlé n’a augmenté ses ventes que de 2,5 % à 21,6 Mds FS mais sa marge EBIT s’est bien améliorée à 12,6 % (+20 points de base), les gains en efficacité et l’effet de levier de la croissance faisant plus que compenser le soutien accru aux marques et les investissements en innovation sources de gains de parts de marché.
En Europe occidentale, l’innovation a soutenu la croissance malgré des conditions économiques difficiles et un environnement concurrentiel exigeant. En France (voir encadré) comme en Grande-Bretagne, l’année a été très positive, en Allemagne les performances ont bien résisté, de même qu’en Espagne, au Portugal, en Italie et en Suisse, d’où des gains de parts de marché dans de nombreux pays, notamment en Grèce où le marché s’est détérioré.
Les activités les plus en progrès dans l’ensemble européen ont été le café soluble, les produits pour animaux de compagnie, les produits surgelés, en particulier les pizzas Wagner et Buitoni, et le chocolat (Kit Kat).
Dans la zone Asie, Océanie et Afrique, le groupe a enregistré une croissance organique de 8,7 % à 17,4 milliards de francs suisses, et sa marge EBIT a atteint 16,9 %, en amélioration de 20 points de base.
Les marchés émergents de cette zone ont réalisé une croissance à deux chiffres, avec de fortes performances en Afrique, Inde, Chine, Indonésie, Indochine, Moyen-Orient. Dans les marchés développés (Japon, Australie, Corée du Sud), la croissance a été au rendez-vous, surtout celle de Nescafé au Japon (environ 500 000 systèmes à café vendus sous les marques de Nescafé barista ou de Nescafé Dolce Gusto). Les meilleurs résultats ont été obtenus par les produits culinaires ambiants (Maggi), les produits laitiers, et les boissons prêtes à boire (Milo et Nescafé) ont toutes eu une croissance à deux chiffres, suivies des boissons en poudre et du chocolat (en croissance élevée à un chiffre).
Reprise sur le marché de l’eau
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Nestlé Waters a augmenté ses ventes de 4,4 % à 9,1 Mds FS et sa marge EBIT de +40 points de base à 7,4 %. Les ventes d’eaux ont renoué avec la croissance dans les pays développés et sont restées très dynamiques dans les marchés émergents, gagnant des parts de marché en Europe et en Amérique du Nord, de même que dans la plupart des marchés émergents. Nestlé Pure Life a connu une nouvelle année de croissance à deux chiffres. En Amérique du Nord, la météo a été favorable et la proposition de valeur de l’eau embouteillée s’est améliorée, les consommateurs se détournant d’autres boissons. En Europe, tous les marchés ont amélioré leurs niveaux de croissance par rapport à 2009, celle de la Grande-Bretagne étant à deux chiffres. En France, où Vittel et Contrex ont enregistré une bonne performance, Nestlé a réalisé une croissance moyenne à un chiffre et gagné des parts de marché. Les marchés émergents ont réalisé une croissance à deux chiffres et représentent aujourd’hui 15 % des ventes d’eau du groupe.
La nutrition en poupe
Nestlé Nutrition a connu une croissance organique de 6,7 % à 10,4 Mds FS et dégagé une marge EBIT de 18,1%, en hausse de 70 points de base.
La nutrition infantile, la plus grande division, a connu une année très positive, surtout les formules infantiles et les céréales infantiles. De la croissance a été enregistrée dans les trois zones, se montant à deux chiffres en Asie, Océanie et Afrique, tandis que les parts de marché ont progressé à l’échelle mondiale. L’environnement commercial a été très exigeant en Europe occidentale, tandis qu’en Europe de l’Est, la Russie a à nouveau connu une croissance à deux chiffres. Les trois plus grandes marques de la division (Gerber, Cerelac et Nestlé Nan) ont enregistré une croissance à deux chiffres.
La nutrition de santé a connu une année positive tant en croissance qu’en marge EBIT, ceci pour toutes les plateformes stratégiques, comme les soins intensifs et la pédiatrie. La croissance a été particulièrement forte dans les marchés émergents, mais aussi en France et en Espagne. La nutrition de performance a également bien progressé, surtout en Europe et en Océanie.
Jenny Craig a surpassé son marché qui est resté faible vu le contexte économique difficile aux Etats-Unis. La croissance dans les activités de livraison à domicile Jenny Craig At Home a compensé la baisse de fréquentation des centres Jenny Craig.
Nespresso dépasse les 3 milliards FS
Dans les autres activités alimentation et boissons, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 11 Mds FS (croissance organique de 9,8 %) et une marge EBIT de 16,4 % (+70 points de base).
Nestlé Professional a connu une bonne année compte tenu du marché, avec une croissance moyenne à un chiffre qui traduit la croissance à deux chiffres des pays émergents de l’Asie et de l’Amérique Latine et la bonne performance des Etats-Unis. La forte croissance des boissons tient à leurs systèmes propriétaires Nescafé et a été soutenue par des lancements réussis des machines Milano et Viaggi dans les segments haut et très haut de gamme. L’acquisition de Vitality aux Etats-Unis a répondu aux attentes, apportant la preuve qu’elle complète parfaitement les activités boissons du groupe. La croissance dans les activités d’alimentation a été emmenée par Maggi et les marques de produits laitiers Nestlé.
Nespresso a connu une nouvelle année de croissance organique supérieure à 20 %, dépassant pour la première fois les 3 milliards de francs suisses, et a ouvert sa 215e boutique (36 nouvelles en un an). La part de son approvisionnement en café issu du Nespresso AAA Sustainable Quality(TM) Program est passée de 50 % à 60 % en un an. 2010 a aussi vu la première extension de l’usine à Avenches afin d’anticiper la demande de capsules Nespresso. Combinant les performances de Nespresso et de Nescafé Dolce Gusto, Nestlé a renforcé son leadership sur le marché dynamique du café portionné.
Enfin, les marques globales de Cereal Partners Worldwide, Nestlé Fitness, Nesquik et Cheerios, ont crû trois fois plus vite que le marché, l’activité atteignant une croissance à deux chiffres dans de nombreux marchés (Russie, Brésil, Turquie).