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Résultats / Conjoncture Nestlé redécolle au premier semestre

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Après une année 2004 difficile, Nestlé retrouve le chemin de la croissance de son chiffre d’affaires, certes aidée par une hausse des prix pour pallier à une pression très forte du fait de coûts de matières premières et d’emballage, notamment le lait et le PET, record. Le groupe annonce d’ailleurs des plans de réduction des coûts à hauteur de 770 M EUR. Il perçoit des signes d’amélioration en Europe occidentale.

Malgré une conjoncture difficile, avec des coûts de matières premières et de matériaux d’emballage volatiles ainsi qu’une consommation toujours morose en Europe, Nestlé a affiché une forte croissance au premier semestre de son exercice en cours. Son chiffre d’affaires a ainsi progressé de 2,4 % à 43,5 milliards de francs suisses ( 28,1 milliards d’euros), malgré l’impact défavorable des taux de change (-1,8 %) et des cessions (- 1,0 %). Cette performance est à mettre sur le compte d’une croissance organique de 5,2 %, dont 3,4 % de croissance interne réelle et 1,8 % d’inflation, compensant en partie la hausse des coûts des emballages et des matières premières (lait, PET), « aux cours toujours volatils, proches des plus-hauts historiques de vingt ans » selon Wolfgang Reichenberger, directeur financier du groupe.

770 M EUR de réduction de coûts annoncés

Pour compenser ce que Peter Brabeck, p.-d.g. de Nestlé, a qualifié de « pression persistante », le géant suisse compte notamment sur ses plans de réduction des coûts de 770 M EUR environ sur l’année et à plus long terme sur des hausses de prix. À la lueur de ces résultats, Nestlé confirme ainsi son objectif de croissance organique pour l’année située entre 5 et 6 %, malgré le contexte difficile, objectif qu’il avait manqué l’an dernier en terminant son exercice avec un score de 4,5 %. Le bénéfice net du groupe helvétique a quant à lui connu une forte progression de 32,4 % à 2,38 milliards d’euros, due en grande partie à l’application des nouvelles normes IFRS. L’EBITDA (résultat d’exploitation avant intérêts, impôts et amortissement) du groupe, plus représentatif de l’activité, s’établit à 3,37 milliards d’euros.

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Une confiance à rétablir en Chine

Pour bâtir ces résultats, Nestlé a pu compter sur les bonnes performances des zones Amérique, Asie, Moyen-Orient et Europe de l’Est. Sur le continent américain, la croissance organique s’est en effet élevée à + 7,2 %. Selon le groupe, le Canada et les deux principaux marchés d’Amérique latine – Brésil et Mexique – ont enregistré une forte croissance interne réelle. La marge EBITDA de la zone a progressé de 12,8 % à 13,6 %. La zone Asie, Océanie et Afrique a de son côté enregistré une croissance organique un peu inférieure, à + 6 %, quelque peu entravée par une sous-performance sur le marché chinois du fait d’un problème de qualité sur le lait en poudre, dont la teneur en iode dépassait les normes locales, réduisant la demande des consommateurs « pour toutes les catégories de produits » Nestlé. Un travail de regain de confiance y est d’ailleurs annoncé. La marge EBITDA de l’ensemble de la zone a par conséquent pâti, passant de 17,8 % à 15,9 %, du coût de retrait de certains produits en Chine, ainsi que d’un environnement très concurrentiel sur le marché japonais du café soluble et de l’augmentation des coûts des matières premières, notamment du lait.

Des signes d’amélioration en Europe

Tirée par l’Europe de l’Est, (+ 6,2 %), la zone Europe a montré des signes d’amélioration, selon le groupe. Sur l’ensemble de la zone, la croissance organique a ainsi atteint + 1,5 %. Ces résultats sont à mettre au crédit d’une meilleure performance en Europe occidentale, notamment les marchés britannique et ibérique. Pour la France, l’Allemagne et l’Italie, la croissance organique est restée fragile, mais ces pays ont semblé faire entrevoir un début de redressement. La marge EBITDA de la zone a diminué, tombant de 11,3 % à 10,8 %. Par catégorie de produits, les meilleures progressions sont à allouer aux produits pharmaceutiques (+ 9,2 %) et aux boissons (+ 6,4 %) et dans une moindre mesure aux produits pour animaux de compagnie (+ 5,3 %) et produits laitiers, de nutrition et glaces (+ 5,2 %). Les plats préparés et produits pour cuisiner ont quant à eux limité leur progression à + 3,8 %, tandis que les chocolats, la confiserie et les biscuits ont rencontré des difficultés en Russie. Les plus sensibles à la hausse des coûts des matières premières, les boissons et les produits laitiers, de nutrition et les glaces ont souffert d’une érosion de leurs marges.